2021, l’année de la reprise

Après la récession et le repli de tous les indicateurs

Par Fairouz El Mouden

La crise sanitaire actuelle a entrainé des déséquilibres énormes à l’échelle mondiale. Une forte récession de 4,9% est prévue en 2020 au niveau de l’activité mondiale. Les chiffres élaborés par le HCP dans le cadre du budget exploratoire 2021 annoncent des conséquences très lourdes liées à la Covid-19 sur l’ensemble des indicateurs de performance de l’économie mondiale et partant, de l’économie nationale.

Toutefois, les analystes du haut-commissariat au plan s’attendent à un redressement de la situation en 2021 avec une croissance mondiale de 5,4% et une hausse de 4,4% du taux de croissance du PIB de l’économie nationale après une baisse de 5,8% avec une petite hausse de l’inflation.

Le HCP rappelle que la préparation du budget exploratoire 2021 se fait dans un contexte inédit marqué par la crise sanitaire liée au corona virus. L’année 2021 profiterait néanmoins des mesures de relance budgétaire importantes engagées dans plusieurs pays combinée à  l’assouplissement de la politique monétaire.

Les signes de faiblesse de l’économie mondiale touchent ainsi le commerce mondial qui se contracte de 11,9% et de la forte chute des prix du baril.  Au niveau national l’on constate déjà la chute de la demande étrangère adressée au Maroc à hauteur de 16,2% pour reprendre une année plus tard à 12,2%.

Le HCP rappelle que le Maroc connaît l’une des récessions les plus fortes depuis deux décennies à cause à la fois de la pandémie liée à la covid-19 et  les effets néfastes de la sécheresse qui entraînent  un repli de 5,7% de la valeur ajoutée du secteur primaire.  Les activités non agricoles devraient afficher un net recul, de 5,3% en 2020 après une hausse de 3,7% l’année précédente.

Les activités du secteur tertiaire devraient baisser de 4,5% après une hausse de 3,8% en 2019. Le tourisme et le transport, sont fortement impactés par la fermeture des frontières et les mesures prises pour l’endiguement de la pandémie.

Ainsi, le Produit Intérieur Brut devrait  enregistrer une décroissance de 5,8% en 2020 au lieu d’une progression de 2,5% enregistrée en 2019. Concernant l’évolution des prix intérieurs, le fléchissement des cours des matières premières, conjugué à un recul de la demande, devrait entrainer une baisse du niveau général des prix qui se situerait aux alentours de -0,4%.

Aussi le  taux de chômage devrait atteindre près de 14,8% soit une  hausse de 5,6 points par rapport au niveau enregistré en 2019.

Parallèlement, la demande intérieure devrait enregistrer une baisse de 4% en 2020, sa contribution à la croissance serait ainsi négative de 4,4 points au lieu d’une contribution positive de 1,9 point en 2019. De même, la contribution de la demande extérieure à la croissance serait négative de 1,4 point, après avoir été positive de 0,6 point l’année précédente.

Du côté du financement de l’économie, l’épargne intérieure, baissera de  19,1% du PIB en 2020 et l’épargne nationale devrait atteindre 23,7% du PIB. Les besoins de financement de l’économie nationale se seraient accentués à 6,9% du PIB au lieu de 4,4% une année auparavant.

Au niveau des finances publiques, le déficit budgétaire devrait s’accentuer en 2020 pour atteindre près de 7,4% du PIB, dépassant largement le niveau atteint en moyenne annuelle entre les années 2011 et 2013, soit 6,1% du PIB.

Pour le HCP, il serait nécessaire de recourir aux emprunts extérieurs, dépassant le plafond des financements extérieurs fixé par la loi des finances 2020 à 31 MMDH. Ce qui va porter l’encours de l’endettement global du trésor à 74,4% du PIB en 2020 et la dette publique globale dépasserait le seuil de 90% du PIB, soit une hausse de près de dix points par rapport à un an auparavant.

En 2021, les perspectives économiques établies supposent la fin de la pandémie covid-19 en décembre 2020 et se basent sur un scenario moyen de la production agricole durant la campagne 2020/2021. Ces prévisions prennent également en considération les nouvelles tendances de l’environnement international, notamment l’évolution des prix des matières premières et de la demande mondiale adressée au Maroc.

La croissance économique devrait être soutenue en 2021 par la reprise de la demande intérieure contribuant pour 4,8 points à la croissance économique. Le déficit budgétaire serait de 5% du PIB en 2021 au lieu de 7,4% attendu en 2020.  Ce qui va nécessiter pour le Maroc une nouvelle sortie sur le marché international. Ainsi, le taux d’endettement du Trésor devrait rester élevé pour atteindre près de 72,3% du PIB. Tenant compte de la dette garantie, la dette publique globale serait portée à 89,9% du PIB au lieu de 92% attendu en 2020.

Enfin, l’amélioration attendue des activités économiques en 2021, devraient stimuler les crédits bancaires, et d’améliorer la masse monétaire de 4,9% au lieu de 1,6% prévue l’année en cours.

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