5e FIESAD: les Ecoles Supérieures d’Art Dramatique à l’honneur

Et de 5 pour le Festival International des Ecoles Supérieures d’Art Dramatique (FIESAD)! Placé sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, cet événement théâtral et artistique, qui souffle cette année sa 5e bougie, est organisé par le Ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Sports – département de la culture- et l’Association Issil pour le théâtre et l’animation culturelle.

Le FIESAD, qui se tient cette année du 1er au 7 novembre 2019 au Théâtre National Mohammed V à Rabat, réunira une belle brochette d’artistes et d’écoles dramatiques venant des quatre coins du monde, en l’occurrence des pays comme la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays Bas, la Suisse Italienne, l’Autriche, le Chili, la Chine, l’Egypte, la Tunisie, le Sénégal, le Congo. Au fil des années, le FIESAD est devenu une référence parmi les écoles théâtrales, notamment en Afrique. «Au début, l’idée était un rêve. Par la suite, il s’est transformé en une manifestation théâtrale d’envergure réunissant les écoles supérieures d’Art Dramatique du monde entier», a souligné Saïd Ait Bajja, directeur du FIESAD, dans une déclaration à Al Bayane.

La formation et le spectacle : deux fondamentaux du FIESAD

Une programmation très riche et variée sera servie lors de cette édition qui reposera sur 5 grands axes fondamentaux, entre autres la présentation de 14 spectacles en compétition en présence d’un jury international de renommée, expert dans les formations et la créativité théâtrale avec Moulay Ahmed Badry du Maroc comme président du jury  accompagné de Sofia Maanaoui du Maroc, Obou De Sales Vagba de la Côte d’Ivoire, Sabine Dehne  des Pays-Bas, Harry Fuhrmann de l’Allemagne et Grégory Gabriel  de la France. Pour le directeur du FIESAD, le festival mise sur deux faits importants, à savoir le spectacle théâtral et la formation. Dans ce cadre, confie-t-il, des ateliers de formation seront organisés au profit des étudiants des instituts participant à cette manifestation. Au total, 4 ateliers de formation dans les techniques du chant, la mise en scène, le mouvement conscient dans le temps et l’espace au profit de la Chorale de Rabat et du Chœur Philharmonique du Maroc, des moniteurs des Maisons de Jeunes et des étudiants de l’Institut Supérieur d’Art Dramatique et d’Animation Culturelle (ISADAC) meubleront le programme de cette édition. Les hommages étant désormais une tradition voire un rite annuel que le festival célèbre dans la joie, la reconnaissance et le partage, cette année, le FIESAD rendra un vibrant hommage à Luliana Predut Nassef qui a été la première professeure spécialiste dans l’histoire des costumes et la scénographie à l’Institut Supérieur d’Art Dramatique et d’Animation Culturelle (ISADAC). Un temps fort très attendu par ses anciens étudiants et amis artistes et collègues. Aux côtés des spectacles, des ateliers et des conférences, le festival abordera le sujet des écoles Supérieures d’Art Dramatique, notamment en Afrique. Dans cette optique, la 2e Assemblée Générale de la Ligue Africaine des Ecoles Supérieures d’Art Dramatique (LAESAD) aura lieu à Rabat en marge du festival, et ce, en présence des pays membres fondateurs,  entre autres le Maroc, la Tunisie, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Burkina Faso et  la République Démocratique du Congo. Dans le cadre de sa politique d’ouverture sur les autres expériences théâtrales, le festival recevra pour la première fois la ligue européenne «Europe: Union of Theatre Schools and Academies (E:UTSA)» afin de développer les propositions de partenariat avec la LAESAD, explique Ait Bajja.

Un hommage au goût de la reconnaissance à Iuliana Predut Nassef

Une grande dame, une professeure hors pair, amie du Maroc et figure de proue du théâtre contemporain, Iuliana Predut Nassef sera honorée lors de la 5e édition du festival international des écoles supérieures du théâtre. Native de la Roumanie, c’est en 1986 qu’Iuliana intègre l’Institut Supérieur d’Art Dramatique et d’Animation Culturelle à Rabat en tant que  professeur d’histoire du costume et de scénographie. «Pédagogue d’un grand talent, tous les lauréats de l’ISADAC lui doivent savoir et maîtrise des arts et techniques de la scène. Aujourd’hui, ce sont eux qui garnissent par leurs créations, la scène artistique au Maroc et au-delà. Elle était la première à  intégrer le concept de la scénographie au Maroc», explique Ait Bajja. Talentueuse, elle possède à son actif un parcours riche et hors normes. «Elle a été peintre scénographe au théâtre de marionnettes de Timisoara, a réalisé des décors et marionnettes pour plusieurs spectacles. Elle a intégré le théâtre lyrique de Craiova où elle a réalisé la scénographie pour plusieurs spectacles d’opéra, ballet, spectacles musicaux pour enfants. En outre, elle a collaboré régulièrement avec le Théâtre national de Craiova et est membre de l’Union des artistes de Roumanie», explique le directeur du festival. Pour ce dernier, cet hommage est une reconnaissance aux  efforts qu’elle avait déployés en matière de formation des jeunes étudiants et dans le développement du théâtre marocain.

La LAESAD: des échanges artistiques et des projets à venir

C’est la première fois dans l’histoire du festival que les deux ligues européenne et africaine se réuniront à Rabat pour créer une Ligue mondiale des Ecoles Supérieures d’Art Dramatique, nous confie Saïd Ait Bajja. «À travers cette rencontre, nous allons œuvrer pour chercher des partenariats entre les deux ligues dans le cadre de la formation artistique et l’échange d’expertise entre l’Europe et l’Afrique», a-t-il ajouté. En outre, cette année, ajoute le directeur du festival, le FIESAD réunira les directeurs des Ecoles Supérieures d’Art Dramatique des deux continents africain et européen, ainsi que d’autres directeurs dans le reste du monde. «Au lieu de se concentrer sur une conférence, nous avons opté pour une rencontre directe avec les directeurs pour chercher des pistes de réflexion, créer des plateformes et élaborer des partenariats et des projets entre les  écoles et les instituts d’Art Dramatique», conclut-il.

Mohamed Nait Youssef

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