De la nécessité des évolutions structurelles des écosystèmes et des chaînes de valeur

Nouveau contrat-programme du secteur du tourisme

Par Fairouz El Mouden

Les activités touristiques sont malheureusement à l’arrêt total depuis le déclenchement de la crise sanitaire liée à la Covid-19. Cette dernière a néanmoins permis de mettre à nu les fragilités et les défaillances du secteur avec surtout le poids du secteur informel et les défauts de gouvernance. Un nouveau contrat-programme a été signé jeudi dernier couvrant la période 2020/2022 pour relancer le secteur dans la phase post-Covid. Le but étant de donner une nouvelle impulsion au secteur et de mettre en place une nouvelle dynamique à même de lui permettre la transformation et la diversification nécessaire pour sortir de la crise et dépasser les fragilités.

Le Contrat-programme pour la relance du secteur touristique, couvrant la période 2020-2022, a été signé lors de la 9e réunion du Comité de veille économique (CVE). En fait, le secteur est considéré comme un domaine vital de l’économie nationale. Sa contribution au PIB s’élève à 7% ou 12% si l’on tient compte des acteurs indirects, indique le document relatif au contrat programme.  Il emploie directement 550.000 personnes et mobilise près de 80 milliards de dirhams de recettes voyages en devises par an. Le secteur profite des avantages naturels du pays et aussi de la proximité avec les marchés émetteurs.

Néanmoins, s’il a su faire preuve depuis des années de résilience et de capacité de résister aux différents chocs mondiaux, la crise sanitaire actuelle a eu des effets néfastes sur les activités touristiques de sorte qu’il sera, précise le document, l’un des derniers secteurs à retrouver ses niveaux d’avant crise car il est à l’arrêt total. Au Maroc, l’impact estimé de cette crise pour l’année 2020 est de -69% sur les arrivées touristiques, -60% sur les recettes en devises et environ 50% de perte d’emplois par rapport à l’année 2019.  Le secteur du tourisme, devrait ainsi s’adapter à de nouvelles réalités de marché et du comportement des touristes, qui nécessiteront des évolutions structurelles des écosystèmes et des chaînes de valeur.

Le nouveau contrat-programme comprend 21 mesures qui permettront au secteur notamment de préserver le tissu économique, réduire le poids de l’informel, stimuler l’investissement et la transformation de l’outil de production et poser les bases d’une transformation durable du tourisme au Maroc, a-t-elle souligné. IL vise à «retrouver les performances de 2019 dès l’année 2022, et récupérer ainsi plus de 5 millions de touristes, 28 milliards de dirhams de recettes voyages en devises et assurer le maintien d’au moins 80% des emplois stables sur la période 2020 – 2022». Trois grands objectifs ont été fixés à savoir: préserver le tissu économique et l’emploi; accélérer la phase de redémarrage; poser les bases d’une transformation durable du secteur.

Pour cela, plusieurs partenaires du contrat programme doivent jouer le jeu en l’occurrence: Le Ministère de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’Administration ; le Ministère du Tourisme, de l’Artisanat, du Transport Aérien et de l’Economie Sociale;  le Ministère du Travail et de l’Insertion Professionnelle et la Confédération Nationale du Tourisme; le Groupement Professionnel des Banques du Maroc.

Baisse de 60 à 80% du nombre de touriste ne 2020

En effet selon l’Organisation Mondiale du Tourisme, le nombre de touristes connaîtra une baisse de 60 à 80% en 2020, ce qui conduira à une baisse des dépenses touristiques mondiales entre 800 et 1000 milliards de dollars, soit -60% par rapport à l’année 2019. Sur le plan de l’emploi, cette baisse d’activité détruirait 300 millions d’emplois à travers le monde.

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