Le Maroc en FIFA, un exploit historique à concrétiser

Qui dit mieux…

Par Rachid Lebchir

Encore une fois, le Maroc confirme son statut de pays de rencontres et terre d’unité africaine. Chose conclue dans différents domaines et qui s’est réaffirmée, aujourd’hui, dans le sport le plus populaire au monde.

En effet, le football africain et avec lui le Maroc avaient rendez-vous avec l’histoire, vendredi dernier à Rabat. C’était au complexe international Mohammed VI à Maâmora, lieu de la 43e Assemblée générale de la Confédération africaine de football, qu’un nouveau gouvernement de la CAF est né. L’AG élective de l’instance africaine a validé le consensus proposé par le président de la Fédération internationale de football, Gianni Infantino, autour du nouveau chef de la CAF. L’approbation par acclamation du sud-africain, Patrice Motsepe, parrainé par le patron de la Fifa, à la tête de la CAF, illustre bien l’unité de l’Afrique à l’occasion de ces assises tenues sur le sol marocain.

Tenue sous la houlette de la FIFA et son président, Gianni Infantino, cette Assemblée a été marquée par la participation de tous les présidents et représentants des fédérations continentales dont celui de l’Afrique du sud, Patrice Motsepe, qui a succédé à l’ancien président de la CAF, le Malgache Ahmed Ahmed, démis de ses fonctions en 2019 et avant terme pour cause de plusieurs violations éthiques.

La FIFA et avec elle la CAF ont voulu qu’une nouvelle page s’écrit dans l’espoir de relancer le football africain en compagnie d’un nouveau patron entouré d’une solide équipe de travail. Cette équipe devra s’appuyer sur la sagesse collective et agissant dans l’unité avec notamment les trois précédents candidats à la présidence qui se sont retirés en fin de compte, le Sénégalais Augustin Senghor, le Mauritanien Ahmed Yahya et l’Ivoirien Jacques Anouma qui ont été récompensés en accédant aux postes respectivement de premier et deuxième vice-présidents et de conseiller spécial du président. Ils devront œuvrer, ensemble, pour rendre le football africain plus attractif en améliorant le niveau et l’organisation des compétitions, ramener les équilibres financiers, redorer l’image de l’institution et lui doter d’une vraie autonomie.

En contrepartie, le football africain aura désormais un représentant au sein de la FIFA. Il s’agit du président de la FRMF, Fouzi Lekajaâ, qui a pu inscrire le nom du Maroc, pour la première fois dans son histoire, au sein du Comité exécutif de la FIFA. Les assises de la CAF ont trouvé en la personne de Fouzi Lekjaâ, toutes les qualités et potentialités lui permettant de faire partie du gouvernement de la FIFA en compagnie de l’Egyptien, Hani Abo Rida, retenu pour un second mandat.

L’élection de Fouzi Lekjaâ constitue donc une grande fierté mais aussi un grand acquis pour le Maroc à l’échelon international. L’élection de Fouzi Lekjaâ à la FIFA si elle reste une ambition personnelle pour laquelle il a milité depuis son arrivée à l’instance fédérale marocaine en 2014 et celle africaine de la CAF en 2017, elle devra aussi et surtout constituer un atout pour défendre les intérêts du football national et continental.

L’élection de Fouzi Lekjaâ à la FIFA devra ainsi prendre une dimension stratégique afin de développer le football marocain aux échelons africain en particulier et mondial en général. Cela sans oublier que cette élection sera de nature à placer le Maroc dans une bonne place pour contribuer à la prise de positions et décisions liées directement à l’avenir du sport le plus populaire dans le monde.

Et ce n’est guère du hasard pour le Maroc qui a toujours servi le football dans son Continent, à l’aube de son indépendance en 1956, et depuis la création de la CAF en 1957, en passant par la tenue de l’Assemblée générale de l’instance continentale qui avait élu à sa présidence, le Camerounais Issa Hayatou, à l’occasion de la CAN 1988 organisée à l’axe Casablanca-Rabat, jusqu’à l’Assemblée d’aujourd’hui en 2021 avec de nouvelles perspectives d’avenir. Entretemps, et lors de l’avant dernière Assemblée en 2017, la présence de certains dirigeants du football marocain au sein du Comité exécutif de la CAF dont bien sûr Fouzi Lekjaâ en tant que vice-président, avait son poids. Cette récente instance était d’une grande importance pour le Maroc qui a notamment contribué à la coupure avec le passé où certains représentants du football national jouaient seulement le rôle de comparse au sein de la CAF.

A tel point que le Maroc a pu convaincre l’actuelle instance continentale d’effectuer plusieurs changements de ses lois dont l’amendement de l’article 4 des statuts de la CAF. Cet article stipule que désormais aucun Etat non membre de l’ONU ne peut siéger à la CAF qui reste ouverte à toutes candidatures d’associations nationales africaines comme représentants officiels gérant le football dans leurs pays respectifs. Ce qui fera une autre coupure avec les ennemis de la cause nationale et du Sahara marocain.

Aussi, l’acquis du siège marocain à la FIFA devra être répercuté au niveau africain. Ce qui exige davantage la rationalisation de la diplomatie sportive marocaine et la mettre de plus en plus en œuvre  afin de servir les intérêts nationaux sur plusieurs volets. Sachant bien que le Maroc est représenté par plusieurs de ses dirigeants dans différents établissements sportifs aux échelons continental, arabe et international. De ce fait, il faut insister sur l’initiative de l’institutionnalisation de la coordination entre ces différentes représentativités marocaines  pour le bien du sport national.

Que l’acquis de la FIFA puisse donc nous servir de tremplin pour aller de l’avant et vers de lendemains meilleurs. Vers la réalisation de plusieurs objectifs prioritaires dont l’organisation de la Coupe du Monde, défi que le Maroc restait le premier à le réclamer en Afrique et à plusieurs reprises avant que le Mondial ne soit attribué pour la première fois au Continent en Afrique du sud en 2010.

Grande nation de football en étant également le premier du Continent à briser la traditionnelle participation africaine en Coupe du monde en se qualifiant au second tour du mondial mexicain 1986, le Maroc mérite amplement l’organisation de ce rendez-vous planétaire après avoir décroché sa place historique au sein de l’exécutif de la FIFA.

Ce serait une des belles récompenses pour le grand pays de l’Atlas…

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