Liberté d’une image culturelle à une autre

Entretien avec Khémais Khayati

Par Noureddine Mhakkak

Khémais Khayati est né le 10/12/1946 au Ksour (nord-ouest tunisien). Diplôme de l’École normale d’Instituteurs à Tunis. Licence en Sociologie (Paris X Nanterre). Certificat en Ethnologie (Paris X Nanterre). Licence en lettres et civilisation arabe (Paris 3 Sorbonne nouvelle). Maitrise en sociologie de la culture à Paris X Nanterre sur le sujet : « La nouvelle littéraire et le socialisme in la revue al-Fikr» sous la direction d’Albert Memmi. Thèse de Doctorat en Civilisation et lettres arabes à l’Université de Paris 3 Sorbonne nouvelle sur le sujet : « Cinéma et société dans l’œuvre de Salah Abu Seif» sous la direction de Nada Tomiche. Président : Mohamed Arkoun, Jurés : Enrico Fulchignonni, Tahar Chériaa. Invité : Salah Abu Seif.

Khémais Khayati est critique de cinéma au quotidien «L’ACTION». Chroniqueur au Panorama de France-Culture. Chargé de cours à l’Université de Paris 3 Censier. Fondateur de la revue bimestrielle «CinemArabe». Critique de cinéma in «al-Yom Assabi». Responsable du Bureau de Presse à l’Institut du Monde Arabe. Membre du comité de sélection de la semaine de la critique à Cannes. Collaborateur régulier à FR3 (Mosaïque). Journaliste à RFI (arabe). Vice-Président du Conseil International du Cinéma et de la Télévision (UNESCO). Animateur d’émissions de cinéma à la télévision tunisienne. Rédacteur en chef culture au quotidien al-Sabah

Khémais Khayati a publié de nombreux livres : «Palestine au Cinéma». Français. Direction. Collectif. 1976. «De la critique cinématographie». Arabe. Dar el Mararif. Caire 1983. «Salah Abu Seif. Cinéaste égyptien ». Français. Ed Sindbad 1995. «Salah Abu Seif. Cinéaste égyptien». Arabe. Ed Dar el Maarif 1995. «Problématique du cinéma palestinien». Livret Arabe/anglais 1995. «Cinémas arabes». Français. Ed L’Harmattan1996. «Ces stars qui vous guident». Arabe. Tunis 1998.« En désespoir d’image ». Français. Ed Sahar 2001. «De mon pays». Français. Ed ACA. 2005. «La culture une douce addiction». Arabe. Ed Sahar. 2016. Et bien d’autres.

Voici une interview avec lui. Bonne lecture.

Que représentent les arts et les lettres pour vous?

Dès mon jeune âge, au nord-ouest de la Tunisie, j’ai vécu et évolué dans un monde où les arts et des lettres dans le sens large des termes, à savoir un mode de vie agnatique dans le village ou tout le monde est parent de tout le monde, les adultes sont les éducateurs des enfants et où les événements sont exprimés par des locutions populaires, des légendes, de la musique, du tatouage…mon enfance a été bercée par les épopées de Antar ben Chaddad, Seif ibn Dhy Yazin, Hamza al-Bahlawan ou les légendes orales des ogresses… Littérature orale et écrite se sont mariées dès ma jeune enfance.

Que représente l’écriture pour vous?

L’écriture est une libération. Libération de son quotidien car on s’exile entre les mots, libération de son passé car on le couche dans les mots et absorption du futur car on le charge de tant d’espoir qu’on insuffle dans les mots. L’écriture est un rite. Seul face à la blancheur immaculée du papier, aujourd’hui celle de l’écran de ton ordinateur, vous êtes face à vous-même, vous pouvez mentir mais vous savez que vous mentez en échafaudant du bric-à-brac auquel d’autres vont croire tellement vous avez un pouvoir sur les mots grâce aux mots. Mais vous dites la vérité sur vous-même et votre monde.  J’aime écrire, en langue arabe comme en français. Autant j’ai deux jambes pour me tenir en équilibre et avancer, autant j’ai deux langues pour être et m’exprimer. J’aime l’écriture comme on aime la vie.

Parlez-nous des villes que vous avez visitées et qui ont laissé une remarquable trace dans votre parcours littéraire/artistique.

J’ai visité plusieurs villes tant arabes qu’européennes, un tantinet nord-américaines. Mais jamais une ville sub-saharienne. Les occasions se sont présentées, mais il y a toujours eu des empêchements, comme pour Beyrouth, je ne l’ai jamais visitée ni même le Liban. Les occasions se sont présentées mais il y a eu un empêchement. Dommage ! Par contre j’aime le Caire… Je peux y trainer de jour comme de nuit, je ne m’en lasse jamais. J’aime Paris, une ville qui a assisté à ma renaissance. J’y respire. J’aime Casablanca, j’y ai trainé mes semelles…J’aime les villes nordiques. Elles ont une lumière à part. Ceci sans parler de la ville du Kef, la belle ville tunisienne.

Que représente la beauté pour vous?

Tout ce qui vous réconcilie avec vous-même et le monde.

5-Parlez-nous des livres que vous avez déjà lus et qui ont marqué vos pensées.

Plusieurs livres ont marqué mon parcours d’autant plus que mon travail à France Culture de 1975 à 1996 me met quotidiennement en contact avec «le livre». Déjà le jour de mon départ de mon pays un certain 23 juillet 1969, j’ai emmené un pyjama bleu, une brosse à dent et trois livres : «Les Chants de Maldoror » de Lautréamont, «la société su spectacle» de Guy Debord et «Traité du désespoir» de Kierkegaard. Le livre d’Émile Habibi « Said le peptimiste», Al-Tawhidi avec «al-Imtaa wal Muanassa» etc., etc., etc…  Quand on dit en arabe que le livre est le meilleur des compagnons, on ne se trompe jamais.

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