Maghreb Steel remporte une nouvelle bataille, mais pas encore la guerre…

La décision est tombée en cette fin de mois d’octobre. Après quelques semaines de suspens dirons-nous, voilà le top management de Maghreb Steel soulagé. Le voilà reparti pour un tour de mesures de sauvegardes.

En clair, l’aciériste bénéficie pour une durée de 200 jours de mesures de sauvegardes provisoires de 25% sur les importations de tôles laminées ainsi que des tubes et tuyaux en acier ou en fer, et ce depuis le 22 octobre dernier.

Et cela n’a pas manqué d’attiser de nouveau la colère de la Fédération des IMME –Industrie métallurgique, mécaniques et électromécaniques.

Pourquoi ? Et bien parce que selon la fédération, cette nouvelle mesure de sauvegarde menace directement la compétitivité des opérateurs de plusieurs filières étant donné, toujours selon la fédération, que Maghreb Steelcompense son manque de volume par le prix, au détriment de la compétitivité du secteur : l’aciériste a une capacité de production de 1 million de tonnes alors que le marché ne peut en absorber que 400.000 tonnes.

Elle craint même que l’opérateur n’augmente ses prix suite à cette nouvelle mesure de sauvegarde.

Pourtant, fin septembre, lors d’une conférence organisée par Maghreb Steel, son directeur général, Hatim Senhaji, avait assuré que la hache de guerre était enterrée avec la FIMME. «En effet, la FIMME a clairement affiché son opposition à la sauvegarde entre mai à début juillet. Depuis, il y a eu plusieurs réunions, la dernière datant du 10 septembre, au cours desquelles la FIMME a exprimé son accord pour des mesures de sauvegarde sur la tôle laminée à chaud et sur les tubes», avait déclaré le directeur général de Maghreb Steel depuis juillet dernier.

Toujours est-il que la FIMME plaide aujourd’hui pour que ce soit plutôt une subvention qui soit accordée au sidérurgiste à l’instar de ce qui se fait en Turquie. Elle envisage même d’avoir recours au Conseil de la Concurrence et au Tribunal administratif pour faire annuler la décision.

Il n’en reste pas moins que le top management est conscient du fait qu’il s’agit pour lui d’un problème structurel lié au volume. « C’est notre focus pour l’étape à venir. On se focalisera sur l’augmentation de la taille du marché parce que le développement de notre entreprise va de pair avec le développement de l’industrie et de l’infrastructure au Maroc. Nous savons que c’est un travail que nous devons faire nous-mêmes car personne ne le fera à notre place. Nous devons pousser l’augmentation de la consommation de l’acier et cela passe par la R&D mais aussi par un travail minutieux pour identifier des niches, les développer, faire de la prescription, voir ce qui est importé en produits transformés et investir dedans s’il le faut et si personne d’autre ne veut le faire (…).

Ce qui fera en sorte que nous n’aurons plus besoin des mesures de sauvegarde, c’est d’arriver, comme un responsable l’a énoncé en juillet dernier, à une consommation d’un million de tonnes d’acier plat, ce qui est un objectif ambitieux mais faisable. On veut atteindre ce million de tonnes en 2024/ 2025 bien avant 2029 (fin des mesures de sauvegarde après renouvellement). Et on sait ce qu’il y a à faire et on va le faire », avait martelé Hatim Senhaji.

Toutefois, selon un opérateur du secteur, cela ne sera peut-être pas suffisant. Entre l’endettement abyssal de Maghreb Steel (soit 12 fois ses capitaux propres), et sa dépendance à l’importation de minerai de fer (sachant que le Maroc n’en produit pas) et donc aux aléas internationaux, le pari est loin d’être gagné…

Soumayya Douieb

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