Redressement de l’économie de 0,7%

Note de conjoncture du Haut-Commissariat au Plan

L’activité économique se serait redressée de 0,7% au premier trimestre 2021, après quatre trimestres de baisses successives, estime le Haut-Commissariat au Plan (HCP).

Cette évolution serait attribuable à l’accroissement de 13,7% de la valeur ajoutée agricole, dans un contexte d’une baisse de 1% de la valeur ajoutée non-agricole, au lieu de -5,5% un trimestre plus tôt, explique le HCP dans sa récente note de conjoncture.

Les branches tertiaires auraient poursuivi leur baisse à un rythme moins accentué en comparaison avec le trimestre précédent, contribuant pour -0,7 point à l’évolution du PIB, au lieu de -3,8 points un trimestre auparavant, poursuit la même source. Les activités secondaires auraient, pour leur part, affiché une baisse limitée à 0,3%, au lieu de 1,6% un trimestre auparavant, contribuant pour -0,1 point. L’industrie manufacturière aurait fléchi de 0,8%, au premier trimestre 2021, après -1,6% un trimestre auparavant.

Cette évolution aurait été portée par la bonne tenue de l’activité des industries agroalimentaires et chimiques, tandis que les industries de textile et des métallurgiques, mécaniques et électromécaniques (IMME) auraient continué de pâtir du ralentissement de la demande extérieure. Dans la branche de la construction, la valeur ajoutée aurait conservé son évolution modérée, pâtissant du repli de l’activité des « Travaux de construction spécialisés » et du « Génie civil ».

Le HCP fait également savoir que la valeur ajoutée minière aurait, pour sa part, progressé de 3,1% au premier trimestre 2021, en variation annuelle, au lieu de -0,4% une année auparavant. La vigueur de la demande des industries locales de transformation, qui avait entrainé une hausse de 5,6% de l’extraction des minerais non-métalliques en 2020, se serait maintenue au début de 2021, grâce au raffermissement des exportations des dérivés du phosphate destinées au Brésil, à l’Inde et aux pays de l’Afrique de l’Est.

La dynamique de production des minerais non-métalliques se serait, néanmoins, tempérée par rapport à fin 2020, subissant le contrecoup du repli de la demande américaine adressée aux minerais bruts. En revanche, celle des minerais métalliques se serait renforcée sur fond d’une hausse des quantités exportées du cuivre, du plomb et du zinc de 21%, 28% et 11%, respectivement, au terme des deux premiers mois de 2021.

Dans l’agriculture, la note fait ressortir que la valeur ajoutée aurait été particulièrement dynamique au premier trimestre 2021, affichant une progression de 13,7% en variation annuelle, après huit trimestres de baisses consécutives. Ce redressement aurait été, principalement, le fait de la filière végétale, notamment les cultures automnales et hivernales, dont les travaux d’implantation et d’ensemencement se seraient déroulés à un rythme soutenu à partir de décembre 2020.

Avec des températures légèrement en hausse au premier trimestre 2021 et un excédent pluviométrique de 25,8% par rapport à la normale, les perspectives de croissance des cultures se seraient améliorées, portant la hausse de la production végétale à 6,1% par rapport à la moyenne quinquennale. En revanche, la production animale aurait peiné à retrouver sa dynamique de moyen terme, en raison notamment de la poursuite du repli des activités avicoles.

Au premier trimestre 2021, la production des poussins d’un jour aurait régressé de 1,8%, en variation annuelle, alors que celle de viandes du poulet de chair se serait repliée de 4,9%. La production de viande rouge serait restée, pour sa part, modérée, dans un contexte d’amélioration des conditions d’élevage dans les zones Bour incitant à une reconstitution plus importante du cheptel et à un ralentissement de leur abattage.

Par ailleurs, le HCP souligne que la demande intérieure se serait légèrement redressée au premier trimestre 2021. La consommation des ménages, qui avait régressé de 4,3% au quatrième trimestre 2020, se serait redressée de 0,8% au premier trimestre 2021, dans le sillage d’un léger redressement des achats de biens manufacturés.

La consommation des administrations publiques aurait, pour sa part, progressé de 1,8%, au lieu de -0,7% un trimestre plus tôt, en ligne avec l’accroissement des dépenses de fonctionnement administratif.  L’investissement se serait, en revanche, infléchi de 1,9% par rapport à l’année précédente, au lieu de -9,8% un trimestre plus tôt, pâtissant du ralentissement de l’équipement en produits manufacturés et immobiliers.

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