Abdou El Mesnaoui: «L’école et la classe sont des espaces visuels»

Propos recueillis par Mohamed Nait Youssef

«Sophisma» est l’intitulé du nouveau court métrage du réalisateur Abdou El Mesnaoui, projeté dans le cadre de la compétition officielle du court métrage du 20e Festival national du film de Tanger (FNFT). Le film est tourné dans une caasse et aborde la question de l’enseignement de la philosophie. L’histoire du film est inspirée de la nouvelle du romancier Fouad Laroui, «Le quart d’heure des philosophes».

Al Bayane: Parlez- nous de ce passage de l’écriture romanesque au cinéma. Pourquoi «Le quart d’heure des philosophes» de Fouad Laroui?

Abdou El Mesnaoui: Effectivement, le court métrage est écrit d’après une nouvelle de Fouad Laroui «Le quart d’heure des philosophes» de. Sincèrement, c’est un processus un peu difficile. Dans l’écriture du scénario, le processus est un peu dur. Car, il y a bien entendu une vision de l’auteur et celle de l’œuvre littéraire. D’abord, il faut s’inscrire dans cette vision, dans cette idée… et puis, ajouter à l’œuvre cinématographique et audiovisuelle une vision personnelle. Pour ce faire, il faut y trouver un intérêt et défendre  son choix  pour transmettre cette idée ou la vision sous forme d’un scénario écrit pour le cinéma.

Le film remet en question l’enseignement, l’école et l’esprit critique.  Pourquoi avez-vous choisi l’école et l’enseignement comme thème pour votre film?

En fait, je veux travailler d’abord sur des textes philosophiques, psychologiques et littéraires. Je veux aller dans un espace qui permet cette évolution, cette formation, cet enseignement… et j’ai trouvé que le meilleur endroit pour ce faire, c’est l’école. C’est pour cela que je travaille dans cette optique. Il va sans dire que notre société souffre de  problèmes en rapport avec l’éducation et  l’enseignement. Justement, cette nouvelle de Laroui m’a inspiré et m’a donné l’occasion aussi de présenter ma propre vision du monde et ma vision de la société marocaine : comment elle  évolue, comment cette nouvelle génération se prépare.

Y-a-t-il une relation entre l’idée développée dans le film et ce que nous vivons actuellement?

 Je trouve qu’il y a beaucoup de lacunes dans notre enseignement, dans notre formation, mais aussi dans notre esprit, notamment dans notre manière de voir les choses, de voir la vie et la société. J’ai voulu  aller dans ce sens. Je vais travailler dans mon cinéma sur les œuvres littéraires, l’adaptation, mais aussi l’école et la classe comme un espace visuel.  Mon deuxième court métrage sera axé sur la démocratie et se déroulera dans une classe.

Dans le même ordre d’idées, vous êtes l’un des réalisateurs marocains à avoir intégré des étudiants et des jeunes dans votre court métrage. Pourquoi?

Il faut rappeler que je suis aussi un enseignant universitaire à l’Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel et du cinéma et tout le temps, nous demandons aux étudiants d’intégrer le milieu professionnel.  Je voulais aussi par ce film faire un lien entre la théorie et la pratique. Dans cet esprit, j’ai donné l’occasion à des étudiants pour qu’ils puissent avoir cette expérience et vivre cette ambiance.

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