Accréditation et équivalence: un système ambigu

Certaines universités, écoles et instituts supérieurs privés entretiennent une ambigüité et des zones d’ombres à propos de leur situation administrative relative notamment au respect du cahier des charges garantissant la reconnaissance de l’Etat.

Ces établissements sont accrédités par les autorités compétentes à dispenser des formations dans le cycle du supérieur, mais cette accréditation ne signifie pas automatiquement que le diplôme sanctionnant le parcours de l’étudiant est équivalent à celui du public. L’accréditation est délivrée pour exercer, selon les lois en vigueur, alors que l’équivalence n’est accordée qu’au cas où l’établissement se plie à des critères scientifiques et pédagogiques très stricts. C’est dire que tout un océan sépare les deux volets.

Chose que des établissements d’enseignement supérieur privé n’expliquent pas clairement à leurs étudiants quand ils débarquent pour s’inscrire en première année. Généralement, ces établissements affichent de grandes banderoles à l’entrée de leurs sièges et sur d’autres affiches publicitaires des slogans mettant en exergue l’accréditation, induisant en erreur les nouveaux inscrits, en leur faisant croire qu’il s’agit de l’équivalence. Ainsi, l’étudiant ne se rendra compte de la réalité des choses qu’après avoir déboursé les frais d’inscription et de scolarité du premier trimestre, en plus, bien entendu, des charges occasionnées par le choix de l’établissement, le transport, l’habitat, etc.  La politique du fait accompli. Et personne n’ignore comment des établissements privés vendent leurs services aux nouveaux-venus.

La fin justifie les moyens. Dans ce registre, rappelons que les établissements ayant pu obtenir le sésame de reconnaissance sont : l’École de Management (ESCA),  l’École centrale de Casablanca, l’École supérieure d’architecture de Casablanca, l’Université de Marrakech, l’Université Mohammed VI des sciences de la santé, l’Université internationale Zahraoui des sciences de la santé, l’Université Internationale de Casablanca, l’Université Internationale d’Agadir et l’Université Internationale de Rabat.

Ces établissements privés auxquels la reconnaissance a été accordée pourront désormais délivrer des diplômes équivalents à ceux du public. Toutefois, il faut souligner que les diplômés des années précédentes devront prendre leur mal en patience puisque la loi n’est pas rétroactive. De même, cette reconnaissance n’est valable que pour une période de cinq ans renouvelable.  Dans ce sillage, notons que la liste des établissements qui attendent toujours leur tour de «reconnaissance» est longue. En effet, le nombre d’écoles privées potentielles s’élève à 212.Ces institutions doivent se plier à des critères très rigoureux pour décrocher ce sésame qui leur garantit plus de crédibilité. Elles doivent notamment accueillir un effectif de 400 étudiants et veiller à ce que 60% de la charge horaire annuelle soit dispensée par des enseignants permanents.

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Les langues étrangères : Nouvelles stratégie

Les mesures prioritaires du département de tutelle concernent le renforcement de la maîtrise des connaissances de base et des langues étrangères, l’amélioration des seuils de passage inter-niveaux et inter-cycles, l’intégration de l’enseignement général et de la formation professionnelle, la valorisation de la formation professionnelle, ainsi que la valorisation du capital humain et de la compétitivité des entreprises.

Ces mesures prioritaires en tant que plateforme de réforme dans le cadre de la vision stratégique 2030, qui ont été élaborées suite à une série de rencontres de concertation avec les professionnels autour de l’école marocaine en vue d’évaluer ses réalisations et de présenter des perceptions et des suggestions pour la développer, visent à remédier aux problèmes dont pâtit le système d’éducation et de formation au Maroc.
Concernant la maîtrise des connaissances de base, le principal objectif consiste à asseoir, en quatre ans, les compétences de base en lecture, écriture, mathématiques et éveil, nécessaires aux élèves pour poursuivre leurs études et ce, en centrant l’action pédagogique des enseignants lors des quatre premières années du primaire sur les compétences et les connaissances de base et en instaurant une évaluation systématique des acquis des élèves.
Dans ce cadre, il sera procédé à l’encadrement et au suivi de l’opération d’expérimentation du nouveau curriculum pour les 4 premières années du cycle primaire, à l’élaboration de guides concernant la nouvelle méthodologie d’apprentissage de la lecture au niveau des deux premières années du cycle primaire et à l’actualisation du kit de la formation initiale des enseignants au sein des centres régionaux des métiers de l’éducation et de la formation (CRMEF).
La stratégie évoque également la mesure relative à l’amélioration des seuils de passage inter-niveaux et inter-cycles qui vise à relever progressivement les seuils de passage entre niveaux et entre cycles, tout en garantissant la maîtrise des acquis de base.  S’agissant de la maîtrise des langues étrangères,  le département de tutelle a fait savoir que les langues étrangères seront renforcées au niveau du collège avec un changement du modèle d’apprentissage afin d’améliorer le niveau des acquis en langues étrangères des élèves, et ce, en adoptant de nouvelles approches d’enseignement et d’apprentissage des langues, en mettant en place des ressources pédagogiques et didactiques adéquates et en fournissant un encadrement qualifié au corps enseignant et des espaces développés de réinvestissement de la langue. Par ailleurs, les sections internationales du baccalauréat marocain (SIBM) seront consolidées en vue de permettre aux lycéens de maîtriser davantage une langue étrangère, d’adapter l’ingénierie pédagogique aux choix et exigences d’un enseignement bilingue et de mettre à niveau la qualification linguistique des enseignants.
Dans ce sens, il sera procédé à l’extension des SIBM-option français pour atteindre 25 % des lycées qualifiants (253 lycées dans l’ensemble des académies régionales de l’éducation et de la formation) et 50 % des lycées privées, soit 250 lycées.
Une démultiplication du nombre des classes des SIBM-option anglais de 3 à 9 classes est également prévue, outre l’extension des SIBM-option espagnol pour couvrir 5 classes réparties sur plusieurs académies régionales.

L’extension du baccalauréat professionnel, qui prépare à des métiers à forte demande du marché et permet l’accès au parcours supérieur, à 19 filières dans les différentes régions du Royaume est également prévue. Ces filières seront réparties sur les pôles de l’industrie, de l’agriculture et des services.

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L’AMO pour les étudiants

L’Assurance maladie obligatoire des étudiants (AMO-E), qui constitue une grande avancée dans l’extension de la couverture sociale au Maroc, a été lancée au début de l’année dernière. Sont concernés les étudiants marocains comme étrangers issus de l’enseignement privé et public ainsi que de la formation professionnelle.

Dès son entrée en vigueur, c’est plus de 300.000 étudiants qui devraient bénéficier d’une couverture sociale auparavant réservée aux salariés et aux pensionnés du secteur privé. Ainsi, les étudiants couverts par l’AMO-E bénéficient du panier de soins garantis par le régime de base, remboursés entre 70 et 100% : consultations médicales, hospitalisations, interventions chirurgicales, analyses biologiques, radiologie, médicaments, soins dentaires, orthoptie, rééducation fonctionnelle, kinésithérapie et services paramédicaux. La cotisation de l’AMO-E est gratuite – entièrement prise en charge par l’État, avec une enveloppe budgétaire de 110 millions de dirhams – pour les étudiants de l’enseignement supérieur public et de formation professionnelle de moins de 30 ans, marocain ou étranger et titulaire d’un baccalauréat ou d’un diplôme équivalent. Les étudiants, remplissant les mêmes critères, mais inscrits dans des établissements privés, devront s’acquitter d’une cotisation annuelle de 400 dirhams, perçue avec les droits d’inscription. Ce nouveau régime des étudiants est considéré comme un pas important vers la consécration d’un droit constitutionnel, celui de l’accès aux soins, à la couverture médicale et à la protection sociale. Confiée à la caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (CNOPS), la gestion de l’AMO-E est encadrée par le ministère de la Santé et l’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM).

B.Amenzou

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