Aluminium du Maroc: comment Abdelouahed El Alami compte redresser la barre

Abdelouahed El Alami, actuel et ancien PDG d’Aluminium du Maroc (ALM) reprend les choses en main : nouvelle configuration du capital, les ambitions à l’export, la nouvelle gouvernance.

Ce dernier, après treize mois de mise à l’écart, récupère de nouveau le pouvoir, conforté par une majorité écrasante dans le tour de table de ce fleuron de l’industrie marocaine. « Nous avons tourné la page. Les conflits sont apaisés », tient-il à rassurer quant au conflit qui l’a lié à son frère Mohamed El Alami l’éjectant sine die du Groupe lors de la fameuse assemblée de mai 2016 d’ALM.

«Tout cela est derrière nous. D’ailleurs, à ce sujet, les enfants de Mohamed El Alami font partie du Conseil d’administration et travaillent la main dans la main aussi bien dans la réflexion que dans le développement de l’entreprise, en particulier Abdeslam qui continue d’avoir un rôle opérationnel notamment dans Afric Industries dont il est le président», affirme le PDG d’ALM.

Si ce dernier semble avoir mis cette période noire aux oubliettes, il ne compte surtout pas changer de stratégie passée de l’entreprise. En effet, pour lui il n’y’a pas de «stratégie nouvelle». La stratégie d’ALM est toujours la même : « Nous avons augmenté nos ventes au fil du temps et à chaque fois qu’on sent qu’il va y avoir une saturation, nous investissons en conséquence», rétorque-t-il à ceux qui lui imputent le refus de relever les capacités de production. Tout dépendra, dit-il, des résultats de l’étude de marché lancée lors du dernier Conseil d’administration.

En tant que société cotée à la Bourse de Casablanca, le patron d’ALM se contente de qualifier d’encourageantes les réalisations du premier semestre dont les détails seront publiés d’ici le 30 septembre, conformément à la réglementation. Ainsi L’entreprise continuera d’adopter une politique de distribution généreuse sans que cela affecte ses fondamentaux.

D’ailleurs en 2016, malgré un payout de 200%, soit le plus élevé parmi les entreprises du Masi, ALM a conservé un report à nouveau supérieur à 220 MDH. Une manne qui lui permet d’aborder de nouveaux marchés à l’export voire de nouveaux métiers, à l’image du secteur automobile. En effet, ALM performe sur les marchés étrangers. De fait, l’export représente près de 35% du chiffre d’affaires réalisé essentiellement sur des marchés européens à très forte valeur ajoutée.

En ce qui concerne le projet de l’hôtel de Marrakech qui a fait l’objet de nombreuses critiques, notamment de la part de l’ancienne gouvernance, le PDG d’ALM reste tout de même confiant : «le financement de l’hôtel a subi un dépassement très important (l’ordre de 45%, soit un additionnel de 150 MDH) mais face à cela, il y a eu une augmentation de l’ordre de 32% des surfaces construites. Nous sommes partis sur l’idée d’un hôtel cinq étoiles de qualité, mais vu le nombre des unités cinq étoiles améliorées à Marrakech, nous avons convenu avec notre partenaire de viser un palace de luxe aux normes internationales».

Rappelons qu’ALM s’est associé au Groupe indien Oberoi pour la mise en place de l’hôtel en question. De ce fait, le financement de ce dépassement se fera en fonds propres étant donné que les banques refusent de suivre. Chaque actionnaire doit mettre la main à la poche, sachant qu’Oberoi augmentera sa part l’an prochain. A signaler qu’Oberoi avait, au départ, une participation de 22% avant de la relever à 30%. Cette part devrait atteindre à terme 45%.

Soumayya Douieb

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