AZIZ, l’intellectuel révolutionnaire, qui a su lier

La meilleure preuve que tu n’avais pas cédé devant les offres et les prébendes, c’est que tu quittes la vie sans biens ni richesses, alors que tu aurais pu, si tu l’avais voulu, amasser une fortune importante.

Mais plus que tout, combien grande était ta générosité, ô père d’Abdelkrim.

Ta porte demeurait toujours ouverte à tous ceux qui s’y présentaient. Ton domicile était pratiquement devenu une annexe de l’Université, où les étudiants n’hésitaient pas à se rendre pour que tu leur prodigues conseils, aide et recommandations.

Tu ne disposais pour vivre que de ton salaire, mais malgré cela, tu aidais financièrement le Parti. Plus que cela encore, tu avais insisté pour que tes indemnités perçues en qualité de vice Président du Conseil communal d’Ain Diab lui soient versées, alors que ta commune se souviendra de toi comme d’un conseiller actif, toujours au service des citoyens et du bien du public

Ô notre regretté Aziz,

En vérité, tu représentais un modèle vivant, un exemple brillant d’intellectuel révolutionnaire, qui avait su lier la théorie à la pratique, la pensée à l’action, le patriotisme à l’internationalisme qui appliqua d’une façon vivante et créatrice, le socialisme scientifique aux données concrètes de notre pays qui puise ses racines dans la civilisation islamique.

Il n’existait qu’un seul Aziz Belal au Maroc

Comment s’étonner que le Parti soit fier de toi, de ton militantisme dans ses rangs. Ils ne se trompaient  pas les camarades, quand ils faisaient de toi un symbole du Parti, et quand il leur arrivait de dire que c’était le Parti de Aziz Belal, sans avoir à en dire plus parce qu’il n’existait qu’un seul Aziz Belal au Maroc, toi. Toi dont l’exemplarité est rarement produite par l’histoire.

Voilà pourquoi tu vivras parmi nous, à travers les milliers de camarades que tu as formés, à qui tu as servi et tu serviras d’exemple, à travers les milliers de cadres que tu as instruits d’une façon si valable, à travers des générations entières d’intellectuels dont tu étais le meilleur éducateur.

Oui, tu vivras parmi nous, car la bonne graine ne meurt que pour donner de nouveaux épis, et tu étais de ceux-là.

Nous sommes convaincus, au moment où nous portons en terre ta dépouille mortelle, avant que l’herbe ne pousse sur ta tombe, tes idées et ton haut axe, tes idées et ton haut exemple auront germé dans les cœurs de milliers de jeunes et frayé leur voie pour se propager à travers les générations et l’arène de la lutte.

Une probité révolutionnaire hors de prix

Tu vivras pour nous, car tes camarades sauront s’inspirer de tes valeurs militantes et nobles, de ta probité révolutionnaire hors de prix.

Immanquablement, ils tireront des enseignements en matière de fidélité au parti, à la classe ouvrière, aux masses populaires, et de dévouement au service des causes de la patrie et du peuple.

Ils apprendront beaucoup de toi. Toi qui fus un militant courageux, humble et réfléchi. Un militant qui ne fuyait pas devant les difficultés et les dangers. Un militant qui sut rester ferme et résolu, dans les conditions ardues de la clandestinité, comme à l’ère de la légalité, qui n’est pas pour autant facile… Un militant qui sut être, dans toutes les épreuves que traversa le Parti, un de ses piliers, un de ses bastions.

Ton étoile continuera de scintiller

Permettez-nous, cher et regretté camarade Aziz, de déposer ta dépouille mortelle dans sa dernière demeure, tandis que ton étoile continuera de scintiller au firmament du parti, et que ton action bénéfique continuera d’éclairer notre voie.

Nous te jurons de poursuivre le chemin à l’élaboration duquel tu avais participé, et dans le défrichement duquel tu jouas un grand rôle.

Nos condoléances les plus attristées vont à ta femme, notre camarade Afifa, à tes frères, à tes deux fils Abdelkrim et Youssef, à tes cousins venus de l’Algérie sœur.

O Aziz, tu as fait ton devoir, tu as accompli ta tâche toute ta vie durant, à l’égard de ta patrie, de ton peuple, de ton Parti. Tu es mort dans l’accomplissement de ton devoir.

Hommage à toi! Que le salut soit sur toi, pour ta vie et pour ta mort!

Casablanca le 26 mai 1982

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