Benabdellah présente les résultats de l’Enquête national sur l’habitat urbain

Dix ans après la première enquête sur le logement urbain, le ministère de l’habitat et de la politique de la ville vient de se doter de nouvelles données sur le secteur grâce à une étude réalisée auprès d’un échantillon de 16.000 logements occupés à titre principal et 9.864 logements vacants.

«L’enquête fournit une analyse détaillée de l’évolution du secteur entre 2000 et 2012», a fait savoir le ministre de l’habitat et de la politique de la ville, Nabil Benabdellah, lors d’une conférence de presse organisée hier à Rabat. Il s’agit d’ «une étude qui permettra au gouvernement de disposer d’une vision claire du marché de l’immobilier pour réaliser des politiques publiques basées sur des donnés réalistes et objectives», a-t-il dit. Elle favorisera aussi un meilleur ciblage des stratégies et investissements, dans la mesure où elle fournit aux opérateurs du secteur une cartographie régionale notamment en termes des besoins en logements. D’ailleurs, cette nouvelle étude fait ressortir que pas moins de 1,3 millions d’unités devront être produites d’ici 2020 pour résorber le déficit en logements. Un volume qui devrait atteindre 2,9 millions unités à l’horizon 2030. La segmentation des prévisions montre que l’essentiel de l’effort de besoins en logements au niveau national est à porter sur l’habitat social, et ce quel que soit la région ou la ville. En effet, les unités de type logement social devraient constituer 74% du total du parc global à produire à l’horizon 2020.

Ces besoins en logements comprennent, entre autres, les unités à produire pour remplacer celles appelés à disparaître du patrimoine immobilier. Sur ce point, l’enquête montre que près du tiers du parc urbain est confronté à l’insalubrité. En effet, 554.203 logement, soit 12% du parc global, présentent une pathologie extrême et seraient donc à raser et à reconstruire. Notons aussi que sur un total de 5,8 millions de logements, 145.546 unités ne disposent pas de trois équipements de base, à savoir l’eau potable, l’électricité et l’assainissement.

L’enquête revient également sur la concentration des logements dans les grandes villes. En effet, 13 villes dont Casablanca, Fès, Tanger, Marrakech et Rabat, absorbent 57% du parc urbain national. «Une telle situation nous interpelle sur la nécessité de réorienter les flux de population pour aboutir à un équilibre inter-régionaux et inter-villes», a souligné l’un des enquêteurs.

Par ailleurs, l’enquête révèle que 66% des constructions sont à usage d’habitation. Celles à usage professionnel ont totalisé 11% du parc à fin 2012 contre 4% en 2000. «Ce qui montre une domiciliation des activités de service et de commerce dans les constructions à usage d’habitation», ajoute la même source. Cependant, le parc logement reste essentiellement occupé à titre de résidence principale à hauteur de 79% et ce, quel que soit le type d’habitat et de région. De son côté, la part des logements secondaires ne dépasse pas de 6%, un taux qui a donc doublé depuis 2000. Quant aux logements à usage professionnel, ils ne représentent que 3% du parc global, un chiffre en baisse par rapport à 2000 (10%). L’étude montre aussi une baisse du volume de parc vacant qui, à fin 2012, a totalisé 9% du total des unités de logements contre 12% en 2000. Dans le détail, 67% des logements vacants sont proposés à la vente et 32% sont proposés à la location.

Quant à l’architecture des bâtiments, elle reste dominée par les maisons marocaines modernes (82% des constructions et 67% des logements). Le reste du parc est constitué des appartements en immeuble (25% contre 14% en 2000), des maisons marocaines traditionnelles (4% contre 7%), des villas (4% contre 3%) et des constructions sommaires ou bidonvilles (4% contre 9%). Cette baisse des constructions sommaires ou bidonvilles s’explique par les efforts déployés dans le cadre du programme ville sans bidonville.

Hajar Benezha

Parc global

Selon l’enquête, le volume global des constructions a atteint 3.6 millions en 2012 et celui des logements s’est établi 5.8 millions contre respectivement 2.5 millions et 4 millions en 2000. Ce qui représente une production annuelle moyenne de près de 91.000 constructions et de 150.000 logements. En 2012, 67% des ménages urbains disposaient du statut de propriétaire contre 63% en 2000. «Ce taux reste élevé, si l’on compare le Maroc à d’autres pays où les ménages privilégient la location», a dit le ministre.

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