Bon vent, bon mer… Monsieur le président

«Etre journaliste sportif, c’est plus qu’un métier. C’est une passion voire une quête inachevée de vérité», déclare à Al Bayane Badreddine Idrissi suite à sa réélection à la tête de l’association marocaine de la presse sportive (APMS), jeudi soir à Rabat.

«C’est l’homme qu’il faut à la place qu’il faut», estime Mohamed Errouhli, membre de l’association, avant de rappeler que ce sont les qualités humaines et professionnelles de Badreddine Idrissi qui justifient sa reconduction à l’unanimité à la tête de l’AMPS. «Badreddine est un garçon serein, dynamique, transparent et honnête», insiste Errouhli.

Natif de Salé, père de trois enfants, Hatim, Hamza et Hasna, Badreddine a réussi à s’imposer comme une référence incontournable dans le microcosme des médias, non seulement au Maroc mais aussi en Afrique et dans le monde arabe. En témoignent ses multiples écrits et analyses réalisées pour le compte de prestigieux supports journalistiques et chaines de télévisions du Golfe. Son amour pour l’univers du sport remonte à son enfance quand il fut troisième gardien de but de l’Association sportive de Salé, après les légendaires Zaki et Laâlou. En parallèle, l’enfant de la terre d’asile des mauresques a été féru de lecture et il n’a jamais envisagé d’interrompre sa scolarité.

Après le baccalauréat en 1977, il décide d’intégrer la faculté des lettres et des sciences sociales pour poursuivre des études de philosophie. «J’avais la chance d’être le disciple de grands et éminents professeurs qui ont amplement marqué ma vision du monde, notamment Ali Oumlil, Mohamed Abed El Jabiri, Abdellah Laroui… », souligne-t-il, avant d’ajouter que «la philosophie c’est d’abord l’art de se poser les bonnes questions et de se doter d’esprit à la fois constructif et critique». Autrement dit, «ces qualités sont indispensables pour toute personne voulant exercer le métier de journaliste», note le rédacteur en chef du journal Al Mountakhab. Qui plus est, l’étude de la philosophie a façonné sa manière de voir les choses. Comme plusieurs jeunes étudiants des années 70, Badreddine Idrissi fut beaucoup influencé par le courant existentialiste. Quant aux motifs de ce choix, notre interlocuteur rétorque que le mérite de ce paradigme de pensée, c’est qu’il donne amplement de l’importance à l’action de l’être humain et que ce dernier est maitre de son destin, contrairement aux idées holistes. De plus, son billet intitulé «Mots/ Choses», est inspiré du fameux livre du père de tous les existentialistes, en l’occurrence Michel Foucault.

De la neutralité axiologique !

Le président de l’AMPS se rappelle du jour où il a écrit son premier article sur les colonnes du quotidien Al Anbaa. «C’était pour un moi un jour inoubliable. Cela s’est passé en 1973, alors que j’avais à peine 15 ans», note-t-il en substance.

Après, et plus précisément en 1978, il va intégrer le quotidien arabophone «al-Mithaq al-Watani». «Un jour, Mohamed Benaïssa m’a convoqué pour me proposer le poste de rédacteur en chef. Illico, j’ai décliné l’offre, car je ne me voyais pas en dehors de l’univers sportif». «Il s’agit en fait, d’une relation existentialiste difficile à décrire», explique-t-il au journal Al Bayane. En 1986, le journaliste marocain va procéder au lancement de son propre journal «Al Mountakhab» après avoir passé deux années dans les pays du golf. «C’était le plus beau moment de toute ma vie, car enfin, le rêve était devenu une réalité», ajoute-il.

S’agissant des moments qui ont marqué son parcours professionnel, Badreddine Idrissi répond qu’il n’oubliera jamais la Coupe du monde 1994 qui a eu lieu aux Etats-Unis d’Amérique. «Malgré le fait que le onze national a produit du beau jeu, on a été éliminé dès le premier tour. C’était pour moi la cata», note-t-il avec amertume.

Sur un autre registre, notre interlocuteur dresse un tableau noir de la réalité du sport au Maroc. «Aujourd’hui, il est plus que jamais urgent de réfléchir ensemble aux moyens adéquats pour sauver le sport national qui souffre malheureusement du manque d’une véritable stratégie», martèle Badreddine Idrissi.

Atteindre un tel objectif requiert, insiste-t-il, «de procéder à la mise en œuvre de la lettre royale d’octobre 2008 adressée aux assises nationales du sport qui se sont déroulées à Skhirat». Deuxième point non moins important, c’est l’instauration d’«une rupture épistémologique», entre le monde de la politique et celui du sport.

Au final, le président de l’AMPS appelle tous les journalistes marocains et en particulier, ceux du sport, à faire preuve davantage de plus de rigueur et de contribuer à la préservation des valeurs et de l’éthique du sport. «Le journaliste sportif doit être doté d’une neutralité axiologique comme disait le sociologue allemand Max Weber. Cela signifie qu’il devrait s’abstenir d’émettre des jugements de valeurs, car en tout état de cause, le journaliste demeure au final un historien».

Khalid Darfaf

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