Ces entrepreneuses marocaines dont l’étoile brille de l’autre côté de l’Atlantique

Kaoutar Khennach

La journée internationale de la femme célébrée aujourd’hui se veut toujours une véritable occasion de revenir sur le parcours de ces femmes entrepreneuses marocaines dont l’étoile brille de l’autre côté de l’Atlantique. Les domaines varient, mais les talents ne cessent d’enchanter. Au Maroc comme partout dans le monde, la femme marocaine a indubitablement fait montre de ses compétences et d’un sens élevé de responsabilité.

En Inde, aux fins fonds de l’Asie, Hind Sennoun est l’une de ces femmes marocaines qui ont pu de par leur formation, détermination et perspicacité se frayer un chemin vers les sommités du business et de se laisser porter par leurs rêves.

La native de Ghafsai (province de Taounat), a débarqué, avec son mari indien, à Bangalore au sud de l’Inde il y a 10 ans déjà. Hind détient aujourd’hui une entreprise de vente de voitures, «Shahwar Nissan». Mais ce n’est pas tout, la maman de Amir et Sultana, dispose de plusieurs cordes à son arc. Attentive aux fluctuations et tendances du monde du business, et surtout armée de persévérance et d’une volonté de fer, elle a jeté dernièrement son dévolu sur l’immobilier et la construction. Et pour cela, elle a créé une nouvelle société baptisée «Casablanca Estates». Représenter dignement le Maroc et honorer la femme marocaine en Inde est la principale préoccupation de Hind Sennoun. Et pour ce faire, elle ne lésine pas sur les moyens. Elle a acquis un lot de 100 hectares, le but étant de construire, entre autres, une maison d’hôte, baptisée «Dar Sultana» à une architecture typiquement marocaine.

Titulaire d’une maîtrise en sciences environnementales, sécurité et qualité de la Faculté des sciences et techniques Abdelmalek Essaadi de Tanger, sa persévérance et ses compétences avérées de management ne tarderont pas à lui conférer une reconnaissance nationale puisqu’en 2017, elle a remporté le Prix de la Femme entrepreneure de l’année, décerné par le quotidien à large diffusion, The Times of India.

Khadija Chagiri, cheffe d’entreprise au Gabon, est l’exemple de la femme marocaine à la fibre entrepreneuriale qui colle à la peau, comme en témoigne son choix de monter son propre projet en dépit des opportunités plus avantageuses offertes au Maroc et ailleurs. Forte d’une solide formation avec à la clé un diplôme en marketing de l’Ecole Nationale de Commerce et de Gestion (ENCG) d’Agadir, puis d’un Executive MBA de l’Ecole Nationale des Ponts et chaussées de Paris (ENPC), Khadija n’a pas trouvé de difficultés à intégrer le marché d’emploi, en débutant sa carrière au Maroc au sein d’un groupe de la grande distribution avant d’être sollicitée par une chaine internationale de la grande distribution aux Emirats arabes unis.

De retour des Emirats, elle a choisi de consolider pour quelques années son expérience chez une société pétrolière au Maroc avant de monter avec l’aide d’une amie son propre projet +AMMS+, une boite spécialisée dans le conseil et l’accompagnement des sociétés en Marketing, Merchandising, la distribution traditionnelle et moderne.

En 2015, elle atterrit au Gabon pour rejoindre son mari installé depuis quelques années dans le pays. Suivant toujours son modus operandi, en l’occurrence faire un passage dans une entreprise pour mieux connaître le marché, Khadija fait escale en tant qu’administrateur général adjoint dans une société d’Imprimerie et de Papeterie avant de se lancer une nouvelle fois dans l’entreprenariat. Elle a, cette fois, opté pour l’importation et la distribution des produits de grande consommation avec sa société «MAX».

Pour Khadija, mère d’un garçon de 12 ans, le soutien de l’entourage est essentiel surtout pour poursuivre son chemin dans les moments difficiles, invitant les familles à soutenir moralement, et si elles le peuvent financièrement, leurs proches pour qu’ils puissent voler de leurs propres ailes. Optimiste qu’elle est, Khadija dit croire en la capacité de tout jeune, femme ou homme, à réaliser ses objectifs, en acquérant une première expérience au sein de la grande école, en l’occurrence l’entreprise et en mettant en place un business plan rigoureux, réaliste et ouvert à toute opportunité à venir.

Hasna Bargui, une compétence marocaine résidant au Qatar, a fait ses pas dans le monde de l’interprétariat avec détermination et confiance, une attitude qui lui a permis d’atteindre ses ambitions et de réaliser un parcours professionnel sans faille.

Embrasser l’univers de la traduction simultanée n’est pas une chose aisée, car cette discipline ne se limite pas à maîtriser deux langues pour la pratiquer. L’une des bases du métier d’interprète est, certes, de posséder une très bonne connaissance de langues, mais aussi de leurs différents usages en vue d’employer leurs expressions correctement dans les différents contextes possibles.

Compte tenu de son rôle central dans la transmission fidèle de l’information, en particulier dans des moments historiques décisifs, le traducteur doit être armé d’un excellent bagage linguistique et d’un riche capital intellectuel et culturel, en plus de sa familiarité avec l’actualité mondiale dans tous ses aspects.

Hasna Bargui, qui possède déjà toutes ces qualités, jouit d’une éloquence remarquable et d’une voix douce et fluide, des prérequis qui lui ont permis dans un temps record de figurer parmi les noms éminents dans son domaine et de se forger une réputation solide dans les couloirs des conférences internationales.

Après avoir obtenu le baccalauréat, Hasnaa a rejoint l’Université Hassan II pour étudier la littérature anglaise, où elle a obtenu sa licence avec distinction. Cela lui a donné envie d’aller encore plus loin dans son parcours académique, destination cette fois-ci vers la Grande-Bretagne. Hasnaa a décroché ainsi son master en littérature anglaise à l’Université de Leeds et elle s’est inscrite dans la même université dans un autre master spécialisé dans le domaine de la traduction.

La carrière professionnelle de Hasnaa a commencé au Qatar après avoir quitté la Grande-Bretagne, en particulier au centre médiatique d’Al Jazeera, puis à Al Jazeera TV qui lui a permis de se faire connaître et de recevoir de nombreuses offres, d’autant plus que la traduction se fait en direct.

Après plusieurs années de travail et d’accumulation d’expériences, Hasnaa a quitté Al Jazeera pour se consacrer au travail indépendant. Elle a ainsi couvert de nombreuses conférences internationales à l’intérieur et à l’extérieur de Doha.

Hasnaa a également participé avec, une équipe d’interprètes, au deuxième volet des négociations syriennes qui se sont déroulées sous les auspices de l’Union européenne et des Nations Unies dans divers pays d’Europe, en Turquie et au Liban et qui ont porté sur le volet diplomatique sur la régularisation de la situation des Syriens et sur la révision de la Constitution.

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