Les conditions d’une transition numérique

La définition d’une politique de transition numérique adéquate aux spécificités du Maroc mérite une place de premier ordre dans la stratégie de développement global.

Nombreuses sont les études menées dans ce sens, au cours des dernières années, dont la principale est celle réalisée par l’Institut royal des études stratégiques (IRES), sous le thème «Transformation numérique et maturité des entreprises et des administrations marocaines», publié fin 2017. Ce rapporta comme objectif l’évaluation des principales tendances qui se profilent en matière de digitalisation à l’échelle mondiale et l’évaluation sur la base d’une enquête auprès d’un échantillon représentatif des entreprises et de l’administration publique à propos du degré de préparation du Maroc à la transition numérique.

Le rapport précise que sans une stratégie globale du numérique, les multiples politiques pour les différents secteurs seraient inadaptés ou inefficaces, ce qui représente un frein pour le Royaume par rapport à l’évolution enregistrée au niveau mondial.

La rupture en rapport à l’accès numérique et «l’ouverture généralisée» sont une dimension fondamentale et une condition sine-qua-non dans la stratégie globale que devrait définir le Maroc, souligne le rapport. Sur le volet de production et compétitivité globale du Maroc, l’étude confirme qu’il faut une rupture dans la manière de produire, d’échanger et d’interagir avec «l’émergence de systèmes autonomes», notamment l’intelligence artificielle et la robotique.

Le rapport jette également la lumière sur les enjeux des pouvoirs publics vis-à-vis des «plateformes d’organisation», concernant la croissance, l’emploi, les impacts fiscaux et la souveraineté numérique. Notre pays est appelé à mettre en place une «stratégie plate-formique» à la fois pour les entreprises et l’État, ses administrations centrales et territoriales. S’agissant de la question de «la rupture générationnelle et sociale», l’IRES propose le développement des offres de services et des usages en ligne avec ces générations.

Force est de constater que le rapport n’a pas hésité à placer le Maroc comme un leader par rapport aux pays du Maghreb, au niveau de l’environnement politique et réglementaire, de l’environnement des affaires, de l’innovation et de l’indice global d’environnement. Revers de la médaille, selon l’IRES, les données relatives aux indicateurs de positionnement dans l’économie numérique tels que le taux d’alphabétisation, l’usage d’Internet, l’infrastructure numérique et les usages de réseaux sociaux le placent à un «niveau intermédiaire, voire faible».

Badr Atabi

Top