Covid-19: Ces solidaires… pour plaire

La solidarité résonne dans l’imaginaire du collectif marocain comme une valeur-guide qui le distingue depuis belle lurette. C’est une valeur ancrée dans la société marocaine, un devoir à référent social, moral et religieux et une pratique inscrite dans la quotidienneté du Maroc.

En temps normal comme durant les épreuves difficiles, cette valeur de solidarité s’est toujours manifestée sur le terrain par des actions d’entraide, de l’aide, de la fraternité et du soutien moral ou matériel. C’est ce qu’a été constaté durant cette période d’exception de l’état d’urgence sanitaire et du confinement général établi dans le pays en vue de combattre le coronavirus. En effet, du sommet de l’Etat jusqu’au simple citoyen, cette valeur de solidarité s’est dénotée comme devoir, prenant le dessus, en  reléguant au second plan toutes les autres considérations.

D’ailleurs, dès la création du Fonds spécial dédié à la lutte contre le coronavirus, les contributions n’ont cessé d’alimenter le compte bancaire créé à cette fin. Des entreprises, des fédérations, des institutions, des associations, des entrepreneurs, des promoteurs et des citoyens ont répondu à l’appel de la patrie, suivant l’exemple du sommet de l’Etat.

Seulement que dans ce cadre de l’élan de solidarité nationale, certaines parties faussent cette donne de la valeur sociale marocaine. Ainsi, a-t-on constaté, l’action emballée et teintée de solidarité ne serait effectuée qu’en fonction de certains buts bien déterminés : des fins électorales ou pour plaire aux pouvoirs publics à d’autres fins. Sur cet axe, on a vu comment certains sont précipitamment montés au créneau pour demander de l’aide au Fonds spécial, sous prétexte qu’ils seraient touchés par cette crise, avant de se convertir rapidement en donateurs, publiant un communiqué rendant publique leur action.

Ce que des internautes ont qualifié sur les réseaux sociaux de «solidarité» à la mode de l’hypocrisie sociale, comme cela apparaît dans beaucoup d’expressions actuelles et de sigles dans le langage courant. Le phénomène refait d’ailleurs surface à l’occasion de chaque Ramadan, mois de la piété et du partage, qui est également mis à profit par des intermédiaires, des courtiers électoraux et des faux bienfaiteurs à des fins électorales.

Ce phénomène refait également surface durant les rentrées scolaires, la fête du mouton et toutes les occasions occasionnant des dépenses supplémentaires pour les ménages. Quoi qu’il en soit, toutes ces pratiques n’émanant pas de la fibre sociale marocaine, qui caractérise la société, restent comme une goutte dans un océan et n’influent jamais le cours de solidarité qui fait la force de la société marocaine.

B. Amenzou

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