De la dureté des terres arides jaillissent les lumières de l’amour universel…

«Banel&Adama» de Ramata-Toulaye Sy

DNES à Marrakech Mohamed Nait Youssef

Une nouvelle voix du cinéma africain. Ramata-Toulaye Sy, réalisatrice et scénariste franco-sénégalaise, a projeté, mardi 28 novembre, son premier long-métrage Banel&Adama, en compétition officielle du Festival  international du Film de Marrakech (FIFM).

Un film puissant où la jeune réalisatrice braque les lumières sur  l’histoire d’un couple amoureux vivant dans un village au Nord du Sénégal, où la population fait face à la sécheresse, à la précarité et aux aléas de la nature et de la vie.

«Je suis très contente de programmer mon film au FIFM. Je remercie les programmateurs et le Maroc de nous accueillir. C’est très important pour  le cinéma subsaharien et surtout  africain de montrer ses films.», a déclaré la réalisatrice Ramata-Toulaye Sy lors de la présentation du film.

Banel&Adama nous plonge dans l’univers du couple où les rêves et les passions font face à une réalité difficile, dans un milieu conservateur et dominé par la doxa.  

Banel, seule contre tous, refuse l’idée d’être une femme traditionnelle, soumise au dictat et aux postulats de la société. Toutefois, c’est à travers ses yeux qu’on y voit une autre vision de l’amour, de la femme africaine dans un milieu dominé par les hommes et les traditions ancestrales.

Par ailleurs, le film est aussi une réflexion profonde et ontologique sur la liberté, l’identité et l’essence humaine. Ce sont ainsi les  grandes questions que pose d’ailleurs Banel dans l’œuvre cinématographique de Ramata-Toulaye Sy, présentée en compétition officielle du FIFM.

Il faudrait revenir à un acte majeur dans le film ; à savoir l’idée de construire une maison loin de la famille pour que Banel&Adama puisse vivre pleinement sa vie de couple.

C’est un acte de révolte contre les mœurs et convictions de la communauté. Une malédiction s’abat alors sur le village: des morts, de la famine et de la misère. Mais, Banel, qui est devenue maudite aux yeux des autres, ne lâche rien pour que ses rêves puissent se réaliser et vivre une vie passionnelle et différente. Elle  voulait juste être aimée, regardée et acceptée telle qu’elle est.

En effet, c’est la puissance de l’amour défiant les traditions qui est incarnée dans le film qui nous présente un nouveau cinéma avec touche féminine sensible et poignante. L’émotion était au rendez-vous, la maîtrise technique  aussi. Les belles lumières de l’Afrique jaillissaient des terres arides. 

Top