Des suites du désengagement des soldats américains de Syrie…

Le Premier ministre israélien avait été le premier chef de gouvernement à réagir à l’annonce du désengagement des troupes américaines de Syrie après que Donald Trump ait annoncé que Washington n’entend plus jouer le rôle de «gendarme du Moyen-Orient».

Benyamin Netanyahou avait déclaré, en effet, que son pays allait en étudier «les retombées» afin de se tenir prêt à «se défendre» contre toutes éventuelles menaces qui proviendraient de Damas. Par la suite, le gouvernement de Téhéran a saisi cette occasion pour déclarer, par la bouche du porte-parole de son ministère des Affaires étrangères, Bahram Ghassemi, que «la présence des forces américaines (en Syrie) était, dès le départ, dans son principe, une erreur et une décision illogique et la première cause d’instabilité dans la région».

Pour rappel, le contingent de 2.000 soldats américains, déployé le long de la frontière irako-syrienne dans le cadre de la coalition internationale, s’était donné pour mission de contrecarrer l’avancée de Daech et de contenir l’influence de la République islamique d’Iran dans la région. Mais il n’y avait pas que çà. En effet, les forces américaines s’employaient également à protéger les kurdes de Syrie – ces fameuses milices YPG ou «Unités de Protection du Peuple» – contre un massacre par la Turquie qui les assimile à un mouvement terroriste au même titre que son ennemi juré, le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), et à tenir, à distance, aussi bien les combattants de l’Etat islamique que les forces de Bachar Al Assad et leurs alliés iraniens.

Les premiers, à s’émouvoir du désengagement des troupes américaines – après l’Etat hébreux qui a toujours crié «au loup !» dans pareilles circonstances – sont, bien entendu, les kurdes de Syrie. Aussi, la responsable kurde Ilham Ahmed a signalé, ce vendredi depuis Paris où elle devait être reçue par le gouvernement français pour discuter des suites du retrait américain, que sans l’aide de Washington, la coalition arabo-kurde ne pourra pas affronter les combattants de Daech. Aussi, cette dernière se trouvera-t-elle, d’une part, dans l’obligation de libérer les centaines de jihadistes étrangers, principalement européens, qu’elle détient et, d’autre part, à la merci des troupes d’Ankara qui n’attendent que le moment propice pour n’en faire qu’une bouchée.

Riad Drar, autre responsable kurde syrien également présent à Paris, craint, de son côté, qu’une offensive turque ne mette la coalition arabo-kurde dans l’incapacité «de protéger les localités où se trouvent les jihadistes» étrangers alors que leur sort est un vrai casse-tête pour leurs pays d’origine qui ne souhaitent ni leur libération ni leur retour au bercail.

Autant de raisons pour lesquelles, en considérant que la France peut «faire pression sur la Turquie pour qu’elle arrête ses menaces», la représentante des kurdes de Syrie a demandé qu’en plus d’un soutien diplomatique de Paris, «les forces françaises assument leur tâche dans la région jusqu’à ce qu’une solution politique soit trouvée».

C’est dire que le désengagement américain du bourbier syrien va laisser un grand vide qu’il s’agira de le combler au plus vite. Qui s’y emploiera et de quelle manière va-t-il le faire alors que le pays – ou plutôt ce qu’il en reste – suscite la convoitise de Moscou, Téhéran et Ankara ? Attendons pour voir…

Nabil El Bousaadi

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