Drame d’Essaouira: mobilisation totale de l’Intérieur

Une quinzaine de mères de familles, âgées entre 79 et 32 ans, ont trouvé la mort à Sidi Boulaalam aux environs d’Essaouira. Les victimes sont venues des douars voisins pour bénéficier d’une grande opération de bienfaisance, organisée annuellement, depuis cinq ans, par Abdelkebir Hadidi, un imam très célèbre de la région installé à Casablanca. Ce dernier, interrogé par le site du quotidien Akhbar Al Yaoum, affirme que l’opération s’est déroulée «dans le respect de la loi et sous la supervision des autorités».

Les scènes immortalisées par des témoins oculaires à l’aide de leurs téléphones portables et largement relayées par les internautes sur les réseaux sociaux, suffisent pour donner une idée sur l’ampleur du drame.  Une foule de femmes de tous âges s’était rassemblée en matinée sur une place du marché de Sidi Boulaalam, village rural situé à environ 60 km au nord-est d’Essaouira, pour bénéficier de la distribution d’un lot constitué de deux sacs de 25 kg de farine, de l’huile, du sucre, des lentilles et des haricots secs.

«Cette année, il y avait beaucoup de monde, plusieurs centaines de personnes. Les gens se sont bousculés, ils ont fait tomber les barrières (…), les autorités locales sur place ont été débordées», a expliqué un médecin ayant assisté à la bousculade.

«Et même quand il y avait des personnes à terre, les gens continuaient de se disputer pour récupérer les denrées alimentaires», a ajouté un témoin sur place aux médias.

Les 15 personnes décédées sont toutes des femmes, selon le médecin, qui a pour sa part fait état de 10 blessées, dont deux dans un état critique.Ces blessées ont été évacuées par hélicoptère au Centre hospitalier universitaire (CHU) Mohammed VI de Marrakech.

L’opération se déroule chaque année, et des incidents – «des bousculades»- avaient déjà eu lieu ces dernières années, selon Manar Khouda, une enseignante de la région.

Une enquête a été ouverte pour «déterminer les circonstances de l’incident et établir les responsabilités», a indiqué un communiqué du ministère de l’Intérieur. Le département de Laftit a également dépêché, dimanche soir, une commission de l’Inspection générale de l’administration territoriale pour y tenir une série de rencontres avec les autorités locales de la province d’Essaouira. Ces rencontres, qui s’inscrivent dans le cadre de l’enquête administrative globale ouverte par le ministère, ont pour objectif de s’enquérir de l’ensemble des circonstances relatives à cet incident, de réviser et d’auditer et d’évaluer toutes les mesures adoptées à ce sujet, ainsi que de détecter tout éventuel dépassement ou dysfonctionnement et par conséquent, d’établir les responsabilités, indique un communiqué du ministère.

Une délégation officielle au chevet des blessés

Une délégation officielle conduite par le wali de la région de Marrakech-Safi, Abdelfettah Lebjioui, a été dépêchée dimanche à l’hôpital provincial Sidi Mohammed Ben Abdellah pour s’enquérir de l’état de santé des blessés. A cette occasion, Lebjoui accompagné du gouverneur de la province d’Essaouira, Jamal Makhtatar, a été informé sur les différentes mesures prises par le staff médical de cet établissement hospitalier pour prêter aide et assistance aux blessés et leur prodiguer les différents soins nécessaires.

Dans une déclaration à la presse, le directeur régional de la santé de Marrakech-Safi, Khalid Zenjari, a fait savoir que certains blessés ont reçu les soins nécessaires au Centre de santé de Tafetachte, alors que d’autres ont été admis à l’hôpital provincial d’Essaouira. Et de poursuivre que l’état de santé de deux blessés ont nécessité leur transfert par hélicoptères, dont une appartenant à la Gendarmerie Royale et une autre au ministère de la santé, vers le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) Mohammed VI à Marrakech, saluant au passage la collaboration exemplaire entre les différents services pour prêter aide et assistance aux victimes de ce drame.

(MAP)

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