Autrement dit: «du purgatoire au paradis»

Les inégalités à travers la planète Terre ne sont pas inconnues, ne datent pas d’aujourd’hui et ont toujours suscité des mouvements soit pour les éliminer totalement ou tout au moins les rendre moins apparentes et moins inquiétantes.

La distanciation entre les pays riches développés et les pays sous-développés n’a cessé d’augmenter. Il y a quelques temps, deux à trois siècles, l’écart de développement entre les sociétés n’était pas aussi significatif qu’actuellement.

La différenciation est devenue exponentielle avec l’évolution des connaissances acquises, l’utilisation des moyens d’exploitation des ressources naturelles, la pratique d’usages guerriers de plus en plus en plus massifs pour conquérir et soumettre d’autres contrées dans le but de constituer des empires. La civilisation, par ses mœurs actuelles, s’impose sans engendrer un vivre ensemble basé sur le bienêtre de l’espèce humaine et le respect de son environnement.

La culture inégalitaire se reconduit et approfondit l’écart dans ce qui est considéré comme développement. L’aliénation prime sur la liberté. La pauvreté est, paradoxalement en ces temps de profusion, partout, aussi bien dans les esprits que dans les corps.

La géographie sociale actuelle de la Terre reflète dans son ensemble ces inégalités «liées aux revenus, aux niveaux de vie, à la formation, aux soins, à l’accès aux services en général, au sexe, etc.». Les migrations se trouvent déterminées par ces inégalités et laissent les indigènes dans leurs rapports sociaux inégalitaires et arriérés. La force, celle des bras et celle des cerveaux, subit le tropisme de l’eldorado où l’organisation sociale permet «le respect des droits de la personne humaine». Dans ces lieux où l’argent, devenu roi, régit les conditions de la vie humaine ; poussant au consumérisme dans les moments de joie et provoquant des malheurs par ses crises financières provoquées qui se répètent.

Au sein d’un même espace et au sein d’une même société, les inégalités n’ont cessé de stratifier les personnes dans des formations sociales où l’exploitation restait permanente et constituait le lien, parfois ténu mais résistant, entre les individus. Le progrès lui-même s’insérait dans cette approche inégalitaire alors que le système se reproduisait identique à lui-même avec une enthalpie marqué par le gaspillage et une entropie de plus en plus désordonnée.

Il a donc fallu qu’un virus dont le poids constitue une portion d’un million de milliard de gramme donne un coup d’arrêt à cette expansion débridée sans équivalent dans l’histoire.

Ici, et partout ailleurs, on cherche comment s’en sortir avec le minimum de pertes, en mobilisant les possibilités nationales quand elles existent et avec les gestes barrières et le confinement des personnes pour ne pas être dépassé par l’épidémie. Pour différentes raisons dont l’assise est constituée par les inégalités, ceux là même qui en souffrent le plus ne se plient pas toujours au civisme salvateur.

Ici, et partout ailleurs, on cherche à envisager l’après covid-19 en étant convaincu qu’il ne peut être identique à celui qui existait avant. Le débat est lancé. L’information circule pour éclairer sur les déficits créés, estimer la  demande et permettre à l’offre de s’exprimer. Sauf que les mêmes causes auront toujours les mêmes effets.

Uniformité et soumission à une civilisation de masse basée sur les inégalités et l’hégémonie conséquente, la primauté de la monnaie, la bancarisation et la marchandisation des rapports sociaux, l’exploitation du démuni par le plus fort, l’interdépendance en presque tout, un endettement démesuré, un gaspillage dans les ressources, une artificialisation des moyens de subsistance, une urbanisation galopante aux dépens de la nature, une hiérarchisation «du savoir, des marchés des produits, des services, des capitaux, des technologies et de la main-d’œuvre…» qui aboutira à la marginalisation des valeurs humaines. Demain sera-t-il sous la commande généralisée de «marche ou crève» !

Le covid-19 a amené ses interrogations existentielles mais aussi des scories résiduelles où les théories du complot fleurissent. La majorité ignorante sous la manipulation de conspirateurs puissants qui planifient à l’avance les événements et qui tirent les ficelles de tout ce qui bouge. Tout est dans l’amalgame, la victimisation, l’obscurantisme, la désinformation pour aboutir à un populisme dévastateur où les acteurs du changement et de la réforme prennent pour leur grade.

Il reste que les valeurs humaines nous lient les uns aux autres et nous enracinent dans un environnement naturel. C’est à travers tout cela qu’un pays est toujours le plus beau pour sa population. Par l’apprentissage et l’éducation, au delà des méprises et des erreurs, ayons l’intelligence de croire en nous et de trouver la voie consensuelle qui nous mènera du purgatoire au paradis.

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