«En 2020, l’offshoring marocain a montré sa capacité exceptionnelle à résister»

Mimoun Chikhi, président du pôle Offshoring de l’APEBI

Le président du Pôle Offshoring de la Fédération des technologies de l’information, des télécommunications et de l’Offshoring (APEBI), Mimoun Chikhi, dresse dans un entretien à la MAP un bilan des activités de l’Offshoring durant l’année exceptionnelle 2020 et explique les facteurs d’attractivité des régions pour les opérateurs du secteur.

1- Comment évaluez-vous le bilan de l’offshoring durant 2020, l’année de déclenchement de la crise sanitaire?

2020 fut une année exceptionnelle pour l’offshoring marocain. Il a montré sa capacité à résister à des circonstances exceptionnelles. Le télétravail a été généralisé sur l’ensemble des écosystèmes de l’offshoring.

Aussi, nous avons globalement maintenu nos activités et parts de marché. Toutefois, une légère baisse sera certainement constatée sur l’exercice 2020 et plus particulièrement sur l’écosystème ESO (Engineering Service Outsourcing).

Quant à l’écosystème ITO (Information Technology Outsourcing), l’impact est quasi nul, voire même positif sur plusieurs segments et/ou entreprises de ce secteur.

Dans le cas des centres de contacts, ils ont géré les débordements et les arrêts d’activités en Europe. Les donneurs d’ordre qui disposaient d’un site de production au Maroc ont pu constater à quel point notre pays est à la hauteur des défis de l’externalisation.

Par ailleurs, et paradoxalement les appels sortants ont bien fonctionné, puisque les personnes appelées en Europe étant confinées, avaient plus de temps pour échanger sur leurs projets.

Notons avec satisfaction l’initiative d’un des leaders du domaine CRM, qui a recouru à la location de plusieurs hôtels pour ses salariés afin de leur garantir des conditions strictes de distanciation.

2- Quelles sont les perspectives du secteur en 2021? Anticipez-vous une croissance ou une stagnation des activités ?

Si l’on en croit les prévisions générales mondiales, 2021 sera l’année du rattrapage dans tous les domaines. Pour ce qui est de l’offshoring, les opportunités sont là à la portée des acteurs, qui devront redoubler d’efforts commerciaux et de présence sur le terrain. En somme, nos prévisions de croissance pour l’année 2021 seront de l’ordre des années d’avant Covid à savoir 14% annuellement en termes de CA et de 9% en termes d’effectif.

3- L’APEBI a signé, récemment, des mémorandums d’entente avec les CRI de nombreuses régions, est ce que la régionalisation peut servir d’un catalyseur de compétitivité pour les opérateurs de l’Offshoring installés dans les grandes métropoles?

Contrairement aux grandes villes, le coût de foncier est plus abordable et les salaires plus compétitifs, ce qui donne lieu à une structure de charges plus intéressante aux entreprises de l’Offshoring qui pourraient s’attendre à un gain d’environ 20% en compétitivité.

La rétention des employés du secteur va s’améliorer davantage vu leur accès à un niveau de vie plus élevé dans des villes à taille moyenne, ce qui permettra un meilleur retour sur les investissements en matière de formation du personnel.

Force est de constater que le processus de régionalisation avancée a doté les régions de moyens considérables pour réussir leur développement. Les régions ont développé au-delà des mesures incitatives nationales, des initiatives régionales pour promouvoir leur territoire.

Si les pays subsahariens offrent des avantages de coûts qui attirent notamment certains centres d’appels qui font face à des pressions fortes de leurs donneurs d’ordre, grâce à nos régions, nous pouvons offrir des avantages comparables, voire supérieurs, si on intègre l’impact des coûts cachés liés à des distances plus grandes.

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