Entretien avec Adil Terrab, président du Conseil Préfectoral du tourisme Meknès


«Nous appelons à l’édification d’une zone touristique où le privé est prêt à investir»

Propos recueillis par Mohamed Nait Youssef

Le Conseil préfectoral du Tourisme Meknès a organisé  du 17 au 19 janvier 2020 un  week-end de presse à la ville aux 100 minarets, aux 40 kilomètres de remparts et aux 70 portes. Cet événement a pour dessein faire rayonner la ville, ses monuments et sites historiques ainsi que ses potentialités dans les domaines de l’art, de la biodiversité, de l’histoire, du patrimoine et de la richesse de ses paysages. Pour ce faire des journalistes et écrivains marocains et étrangers ont eu droit à une visite guidée aux lieux et sites emblématiques de la Cité impériale.

Al Bayane: Quel regard portez-vous sur le secteur touristique dans la région de Meknès?

Adil Terrab: Le secteur du tourisme est un secteur qui est transversal à savoir que tous les services sont concernés que ça soit les autorités locales, les élus, les chambres professionnelles, les services extérieurs… tout le monde est concerné par le tourisme. Et quand il n’y a pas une réelle volonté de faire du tourisme la priorité numéro un dans ce pays ou dans cette ville,  on ne va jamais décoller. A vrai dire, les pays qui ont réussi dans le domaine touristique ont mis les moyens nécessaires et doter le tourisme pour qu’il soit vraiment un vrai levier et un vrai générateur d’emplois et de revenus.

Que proposez-vous alors pour faire booster le secteur?

Ce qu’on fait à notre niveau entant que Conseil préfectoral du tourisme à Meknès, c’est proposer. Car le Conseil est une confédération qui représente que les professionnels, et on a une force de proposition, on a quelques budgets et on travaille avec nos partenaires surtout l’ONMT pour la promotion de la ville. On est présent pratiquement dans tous les salons en Europe, on organise des voyages de presse, des activités culturelles et patrimoniales.

Pensez-vous que les budgets loués à la promotion de la ville sont assez suffisants?

Mais ça reste très timide. Aujourd’hui pour faire la promotion d’une ville ou d’une destination avec un budget d’un million de dh, on ne peut espérer grand-chose. En revanche, il y a des efforts qui ont été faits, mais ce qu’on demande c’est une mobilisation de tous les intervenants pour faire du tourisme une priorité économique. Avec le tourisme, on peut avoir des résultats dans l’immédiat surtout dans cette dynamique lancée depuis 2017. En outre, le Maroc a connu une bonne reprise en matière du tourisme, donc il faut saisir l’occasion.

Et Meknès dans tout cela?

A Meknès, nous essayons de demander l’édification d’une zone touristique où le privé est prêt à investir. A l’instar des zones industrielles, il faut penser à des zones touristiques, chose qui a été faite à Marrakech et à Tanger. C’était une réussite !  En matière de la promotion, c’est augmenter les budgets. Il y a des actions à faire à savoir le changement du nom de l’aéroport qu’il soit Fès-Meknès au lieu de Fès-Saïss pour pouvoir commercialiser et positionner la destination de Meknès. Sur l’action 2020, on travaille sur le tourisme agricole. On doit chercher des mécanismes pour encourager les investisseurs pour investir dans cette niche qui devra être  un vrai levier pour la région de Meknès. Ainsi, mêler le culturel, l’agrotourisme et le spirituel peut  donner une expérience bonne à vivre pendant un séjour de deux ou quatre jours à Meknès.

La fermeture du mausolée de Moulay Ismail et l’augmentation des tarifs de visite des sites et monuments historiques et patrimoniaux pour les touristes étrangers avaient-ils un impact négatif sur la dynamique touristique dans la ville?

On s’est réjouit quand le Darih de Moulay Ismail a été fermé pour la rénovation. On sait qu’il a été rénové d’une façon très scientifique et très honorable, mais on a attend toujours son ouverture qui ne dépend pas des autorités locales ou des professionnels du tourisme parce qu’il y a d’autres intervenants qui vont décider la date de son ouverture. Pour la hausse des prix des tarifs, il faut rappeler que le secteur du tourisme est un secteur transversal parce que quand du jour au lendemain on adresse une note du Ministère de la Culture pour augmenter le prix deux ou trois fois sans se concerter avec les professionnels du métier, on ne peut pas parler tourisme comme ça, on ne peut pas raisonner et dire qu’on est un pays touristique. Au moins qu’on se met d’accord ! Or,  on a eu un million de visiteurs à la ville de Meknès en 2018. Avec la hausse, ce sont les 50 millions de DH d’augmentation de plus de recettes du Ministère du la Culture. Il faut qu’il y ait un service à coté de cette augmentation dans les sites. C’est inadmissible de tripler les prix avec cet état des monuments. La ville de Meknès est dotée de 4 monuments phares  à visiter, mais les tours opérateurs ne programment qu’un seul monument alors qu’ils programmaient 4 auparavant. C’est une perte!

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