«Faire du n’importe quoi» est anticonstitutionnel

La situation est autant grave que complexe. Complexe tout d’abord; par les nombreuses responsabilités et les implications que soulève la préoccupation majeure de sortir de la «crise sanitaire» et de revenir à une vie qui tend vers «la normale» alors que le coronavirus circule, sévit sur l’ensemble du territoire national, atteint de plus en plus de personnes et provoque des décès?

Grave est la situation, car il s’agit de prendre les décisions qui s’imposent et dont les inconvénients seraient les moindres pour l’ensemble de la population. Des décisions rationnelles où l’intérêt national prime sur toute autre considération. Et pour qu’aucune autre interprétation ne trouble l’approche, l’intérêt national est défini par la constitution en tant que loi fondamentale.

Situation nouvelle non seulement pour notre pays et notre peuple mais pour l’ensemble des habitants de la Terre et les institutions qui les gèrent. Une situation qui prête facilement à la surenchère d’autant que l’information objective est entourée d’une gangue de fakenews et d’interprétations subjectives et fallacieuses. Pour autant et sinon plus, cela ne doit pas pousser les responsables à tous les niveaux de « faire du n’importe quoi » pour donner l’impression de répondre au mieux à cette situation inédite dont l’issue reste encore indéterminée.

L’épidémie du covid19 a mis à nu les nombreuses et diverses insuffisances qui obèrent la marche du pays vers le Maroc nouveau auquel notre peuple aspire et pour lequel il n’a pas cessé de consentir les sacrifices qui lui sont demandés. Et s’il ne s’agit pas de relever cette vérité pour en faire un usage polémique dont on a que faire, il s’agit de la prendre en considération comme « vérité terrain » dans la formulation des solutions probables et de leur mise en œuvre.

Les inégalités sociales et les disparités territoriales ne sont pas virtuelles. Elles existent bel et bien et handicapent la vie quotidienne de personnes et de familles dans l’ensemble du Royaume. Cette discrimination négative est vécue parfois dramatiquement et tout responsable doit agir, dans l’attente proche de l’éliminer, pour qu’elle n’aggrave pas des conditions de vie déjà détériorées.

Il fût un temps, pas très lointain, où certains formulaient le vœu de l’avènement d’une «NEP» et d’un «New Deal» à composante sociale renforcée pour lutter contre les effets du néolibéralisme débridé et leur accentuation par l’épidémie. Au vu de ce qui se fait aujourd’hui dans la gestion des affaires publiques, les mêmes se rabattent à moins que cela. Renforcés par plusieurs autres, ils demandent d’arrêter «les soldes» et de sauver «les meubles»; dans la consolidation du processus démocratique et non sa récusation.

Un été «sans vacances» va céder bientôt le temps à un automne marqué par toutes les reprises, y compris celle de la grippe saisonnière. Les «rentrées» vont s’effectuer avec l’espoir de la maitrise de l’épidémie et la reprise plus que moins de la «normale». Les gestes barrière s’inscrivent dans l’habitude, même si des efforts sont encore à déployer dans la sensibilisation pour emporter la conviction d’une population au sein d’une société composite «patchwork». Personne ne doit prendre le risque de porter atteinte à la sécurité sanitaire de notre peuple.

Ceci étant, il en va autant de l’éducation et de la formation des femmes et des hommes de notre avenir. «La garantie de la scolarisation de tous les enfants dans des conditions idoines est un devoir national et un droit constitutionnel sur lesquels aucune tergiversation n’est acceptée» disait l’autre.

Le débat engagé dans les réseaux sociaux à la suite du communiqué du ministère de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (MENFPESRS) montre l’importance d’assurer une rentrée scolaire en assumant toutes les responsabilités qui incombent aux gouvernants et de ne pas jouer à la patate chaude avec les familles…

Tous les apprenants doivent être traités de la même façon pédagogique; et le respect du «protocole sanitaire rigoureux» préconisé par le ministère sera non seulement une démonstration de la mobilisation contre la circulation du coronavirus SARSCoV2 mais aussi un symbole et un facteur de la lutte contre la covid19. La reddition des comptes est déterminante pour les élèves lors de leur évaluation, il leur revient de respecter leurs droits à une «pédagogie égalitaire»; c’est là une corrélation incontournable.

Dans le respect de l’intérêt national, l’espoir est que le MENFPESRS décidera de faire œuvre pédagogique; et qu’il s’abstiendra de «faire du n’importe quoi», car c’est anticonstitutionnel.

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