Fatima Attif: «Il n’y a pas beaucoup d’écriture pour la femme dans le cinéma marocain»

Propos recueillis par Mohamed Nait Youssef

Un retour en force de la comédienne et actrice Fatima Attif sur les planches nationales, mais aussi sur les grands écrans ! Après avoir remporté le Prix du premier rôle féminin pour son rôle «Mbraka» dans le film «La Guérisseuse» réalisé par Mohamed Zineddaine lors du Festival national du film de Tanger qui s’est déroulé du 1er au 9 mars 2019, l’actrice vient de décrocher le Prix de la «Meilleure Actrice» au Malmo Arab Film Festival en Suède pour le même rôle. Discrète, exigeante et engagée, Fatima Attif a un visage qui illumine le cinéma marocain. Entretien.

Al Bayane: Vous venez de décrocher  le Prix de la «Meilleure Actrice» en Suède pour votre rôle «Mbraka» dans le film «La Guérisseuse» réalisé par Mohamed Zineddaine. Que représente cette consécration pour vous?

Fatima Attif : «Mbraka» est un rôle assez important pour moi parce qu’il m’a permis d’avoir un espace important dans un film. Une chance que je n’ai pas eue depuis longtemps. C’était aussi une occasion tant attendue pour moi. Par ailleurs, ce rôle et ce prix «flattent » mon ego de comédienne, d’interprète et d’actrice. Ça me permet aussi d’exploiter pas mal d’espaces émotionnel, physique  et psychologique  et d’aller creuser au plus profond de mon énergie. C’est ça d’ailleurs le challenge  de l’acteur.

Vous êtes très exigeante dans vos choix dans le théâtre tout comme dans le cinéma.  Est-ce l’une des raisons de votre absence dans le 7e art marocain ?

Je ne sais pas vraiment. Mais il fallait juste attendre parce qu’à mon époque, il n’y avait pas de vrais producteurs et de boites de production  au vrai sens du terme. On m’a toujours «flattée» par rapport à ma présence, à mon jeu, mais ce qui manquait, je ne sais pas franchement. Peut être c’est moi aussi qui étais exigeante. Il faut ajouter aussi qu’il n’y avait pas un rôle qui m’avait fait rêver. C’est pour cette raison que j’ai «boudé», si j’ose dire pas mal de fois et même à la télévision.

Peut-on dire aussi que votre absence est liée au scénario et l’écriture, surtout pour la femme ?

Il n’y a pas beaucoup d’écriture surtout pour la femme dans le cinéma marocain. Elle est souvent stigmatisée, elle est dans le rôle un peu négatif, dans les clichés et les stéréotypes qui nuisent à son image. Il faut dire aussi qu’il n’y a que les hommes qui ont le premier rôle. Pour ce qui est du théâtre,  je l’ai toujours exercé. J’étais toujours présente sur les planches. Une présence qui me réjouit beaucoup.

Quels sont vos projets artistiques et cinématographiques à venir?

Je travaille sur une pièce de théâtre avec d’autres comédiennes qui seront avec moi. Quant au cinéma, il y aura des films qui vont sortir prochainement. Dans ce cadre, nous venons de finir le long métrage d’Adil El Fadili «Mon père n’est pas mort» et un autre film du réalisateur Mohamed Nadif «Les femmes du pavillon J»  qui traite du sort des femmes en dépression.

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