Fêtant ses 20 ans, ADMR lance un appel pour la construction de 100 nouveaux ponts

Lauréate du 1er Prix de la Société civile 2017 et fière de son bilan de réalisations, qui ne diffère en rien, selon un expert et plusieurs témoins, de celui des organisations internationales comme OXFAM, Smile live et autres, ADMR (Association pour le développement du monde rural) a lancé, jeudi dernier, à l’occasion d’une rencontre organisée en commémoration de son 20ème anniversaire, une collecte de fonds pour la réalisation de  92 ponts, dont les études sont déjà finalisées.

En lançant un tel appel, l’association compte beaucoup sur la « générosité des Marocains », selon Mohamed Moucharik, ancien syndicaliste et retraité de l’ONCF et membre du collectif bénévole au sein du bureau dirigeant de l’association.

Répondant aux appels qui leur ont été lancés dans ce sens, les Marocains avaient en effet contribué à la reconstruction de la ville d’Agadir, détruite par le tremblement de terre de 1960, à la sauvegarde de la région du Gharb après les inondations dévastatrices de 1964 (3 jours de salaire) et à la réalisation du plan stratégique des barrages, lancé par feu SM le Roi Hassan II en 1965 avec le premier barrage de Tafilalet «Hassan Ad-Dakhil», a-t-il dit, rappelant que le prix du pain du sucre était passé à l’époque de 2 à 4 DH.

La Mosquée Hassan II de Casablanca, l’une des plus grandes du monde et qui constitue un véritable joyau architectural a été financée aussi par une souscription nationale, a-t-il dit, rappelant qu’ADMR, association reconnue d’utilité publique, a été autorisée par les pouvoirs publics à organiser une telle collecte de fonds pour poursuivre son œuvre de désenclavement des zones de montagnes surtout et de développement du monde rural en général.

Revenant sur l’itinéraire et les réalisations de l’association, le président d’ADMR, Ismail Alaoui a fait savoir dans une allocution d’ouverture que ce sont surtout les ouvrages de désenclavement (ponts et pistes) qui constituent les réalisations les plus en vue de l’Association.

Entre 2009 et 2017, le programme d’ADMR a permis la construction de 40 ponts, qui sont en service sur des rivières et des CHAABA qui isolaient jusqu’à présent des douars entiers dans l’Anti-Atlas, le Moyen et Grand Atlas avec leurs habitants et bétail pendant des mois du reste du pays, privés de tous, en particulier pendant les périodes des inondations, de plus en plus récurrentes à présent. 12 autres ponts sont en construction, alors qu’une centaine d’autres n’attend que les fonds nécessaires pour voir le jour.

Sollicitée de partout (douars, habitants, associations, élus), l’Association se trouve à présent dans l’incapacité financière de répondre à toutes les attentes.

C’est pourquoi, elle a jugé nécessaire de faire de l’année 2018, celle des souscriptions pour offrir à toutes les bonnes volontés l’occasion de faire preuve de générosité et de contribuer au financement des projets d’ADMR, dont l’action ne vise qu’au désenclavement des zones de montagne reculées et au développement du monde rural, a-t-il expliqué.

En agissant de la sorte, l’association ne se préoccupe que du bien être des habitants et de l’amélioration de leurs conditions de vie et partant de la stabilité du pays et de sa sécurité, a-t-il dit, invitant les jeunes à s’engager davantage dans les rangs d’ADMR, qui constitue en fait une entreprise née de l’engagement bénévole et citoyen d’un ensemble de retraités, dont certains ne sont plus en mesure de travailler.

Outre les ponts, l’association, a-t-il ajouté, a également piloté et réalisé divers autres projets à caractère social, agricole, culturel, cultuel, sanitaire et éducatif, comme elle a contribué à l’aménagement total d’un village (Douar Azrou), perché sur un flanc de montagne en y construisant une place publique, un réseau d’assainissement et un réseau de voirie.

Un programme plus ambitieux appelé «Daouary Ifoulky» (mon beau village) vise l’aménagement intégré des campagnes. Il se propose surtout d’assurer aux interventions des différents secteurs et départements la convergence requise pour en améliorer la performance. Deux projets ont déjà vu le jour, le premier concerne l’aménagement intégré du village Azrou, cité ci-haut, près du centre de la province d’El Haouz à Tahannaout et le deuxième concerne 7 douars dans la commune de Siti Fadma dans la province d’El Haouz.

Dans le domaine agricole, l’association a lancé le projet d’irrigation d’une partie de la vallée d’Ait Akka dans la commune d’Aït Majdène dans la province d’Azilal.

Et le président d’ADMR de rendre hommage aux partenaires qui ont permis de réaliser tous les projets inscrits dans le programme de l’association à savoir :  l’Office national des chemins de fer (ONCF) qui a mis à la  disposition de l’association des milliers de rails, les commissions provinciales de l’INDH (initiative nationale pour le développement humain), les conseils provinciaux, les groupements de communes rurales, les communes rurales, les associations de développement local et les habitants des douars ainsi que l’assurance agricole MAMDA/MCMA.

Il a également appelé à l’élaboration et à l’adoption de la loi cadre portant sur la contractualisation.

Il a été procédé ensuite à la projection d’un film documentaire, qui illustre les propos du président en présentant de nombreux douars et sites avant et après la réalisation des projets de ponts, d’aménagement et de restructuration, accompagnés de témoignages et de déclarations des habitants et de leurs représentants qui expriment leurs satisfactions et joies de disposer de voies de communication qu’ils n’avaient pas. Commentant les nombreux ouvrages et projets présentés, le président d’une association locale a dit que ce qu’on vit dépasse une association.

Et ce sont précisément ces infrastructures qui rendent la vie supportable, voire agréable dans les régions montagnardes les plus reculées, a expliqué par ailleurs Mohamed Moucharik, selon lequel les habitants de ces régions ont pleinement le droit d’y rester ou d’y revenir au lieu d’aller s’entasser dans des taudis en ville.

Plusieurs représentants de ces régions et douars et d’associations locales ayant bénéficié de l’action d’ADMR ont rendu un vibrant hommage à l’association, tout en l’exhortant à poursuivre son œuvre au bénéfice des habitants.

Très impressionné par la performance et le professionnalisme d’ADMR, Moutawakil Bouchaib, ancien wali et gouverneur à El Haouz a fait le déplacement de sa région des Doukkala, pour venir témoigner et rendre hommage à l’association.

 «Les montagnes du Grand Atlas occidental s’inclinent par respect devant Moulay Ismail Alaoui et ses compagnons et compagnes pour ce qu’ils ont fait en vue de contribuer à l’amélioration des conditions sociales et économiques des habitants», a-t-il dit.

D’autres témoignages similaires émanant notamment de divers conseils élus (Chichaoua, Azilal, Midelt, el Haouz) et d’associations locales ont été présentés au cours de cette manifestation, dont la modération a été assurée par Nadira Barklile, qui avait à ses cotés d’autres responsables du Bureau dirigeant.

Créée le 29 décembre 1997 à Rabat, ADMR est dirigée par un bureau de 11 membres avec à sa tête Ismail Alaoui comme président. Son conseil d’administration, composé de 31 membres se réunit deux fois par an et son assemblée générale se tient tous les trois ans. Son siège central est à Rabat et elle est présente dans les provinces d’El Haouz, Azilal, Tinghir, Boulemane, Settat, Essaouira et El Gharb.

M’Barek Tafsi

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