Hicham Sabir, une étoile montante de l’écriture…

Mohamed Nait Youssef

Et voilà une belle plume qui vient de voir le jour !  En effet, Hicham Sabir, jeune auteur marocain résidant aux Pays-Bas, a brillé de mille feux sous d’autres cieux. Sa nouvelle intitulée «Allégeance», publiée par Kobo en avril 2020, a décroché le premier prix de la 3e édition du concours de nouvelles «The Artist» organisé par The Artist Academy.

Une  véritable reconnaissance à cette plume en herbe et prometteuse dont les portes sont désormais ouvertes sur les mondes de l’écriture et de la création romanesques. Soigneusement écrite, avec beaucoup de finesse et d’économie de langage, l’auteur  nous invite  par le bais de son style raffiné à un voyage dans le temps et l’espace.

Ainsi, les événements de la nouvelle se sont déroulés en France, à Paris. C’était un dimanche. Hadj Boutaleb, un vieil homme, s’est donné rendez-vous avec son fils, Mohammed qui était de retour des camps des «jihadistes» en Syrie. Loin des regards, ils se sont attablés, discrètement, dans un café portugais au bord périphérique de Gentilly.

Certes, plusieurs années se sont écoulées sous les ponts, mais cette première rencontre, après son départ aux territoires ravagés et déchirés par la guerre, avait un goût particulier voire amoral. Car, elle a réveillé en lui  tous les maux et les souvenirs douloureux ensommeillés dans la mémoire.

A vrai dire, le départ de Mohammed pour combattre  les «soldats de dieu» ou encore des puissantes qui se battaient sur le terrain a chamboulé la vie de ses parents à savoir leurs relations interhumaines et leur manière de voir le monde et les choses.  Pour eux, c’était une honte collée à jamais à leur peau, notamment avec ce  regard accusant des autres. «L’autre jour, Majid, le petit qui travaille à la supérette, m’a embrassé la main.

«Vous êtes des martyrs, il m’a dit, qu’Allah vous bénisse». Je n’ai même pas pu lui foutre une gifle tellement ça m’a surpris», confiait Hadj Boutaleb à Mohammed avec un ton triste et coléreux. Une vraie incarnation de la citation sartrienne : «L’enfer, c’est les autres !». Toutefois, l’auteur a opté pour une fin ouverte.

Un choix intelligent laissant les lecteurs à imaginer d’autres suites ou encore d’auteurs histoires à imaginer dans un univers fictif. Il est à rappeler que le thème de la troisième édition du concours «The Artist» dont la sélection a été faite par l’agence littéraire de Florence Sultan, est basé sous le sillage  de la «trahison».

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