La Constitution et le modèle de développement

Il est bien clair que notre pays est en passe de traverser l’une des phases décisives de son parcours.

La remise en question du modèle désuet qu’il est en train d’enterrer, témoigne bel est bien d’un cinglant échec sociétal, mis en avant, il y a des décennies. Faut-il rappeler que le fait de faire appel à une commission spéciale chargée de la mise œuvre d’un nouveau projet, est une illustration saillante de la débâcle subie principalement par les souches démunies du peuple marocain?

En fait, recourir à cette instance médiatrice, après un procès royal des plus criants à l’égard de décideurs de l’exécutif, constitue, d’une part, un aveu désolant de la fébrilité exercée sur ce pouvoir et, d’autre part, une atteinte latente aux mécanismes institutionnels de la Nation.

En principe, la mission dont se charge aujourd’hui un parterre hors de la normalité, s’insère au cœur des prérogatives d’un gouvernement digne de ce nom, à l’instar de tous les pays démocratiques de la planète. Mais, comme le nôtre ne fait que faillir à ses tâches, on irait chercher la clé des maux bien ailleurs!

Certes, notre pays a pu esquiver les avalanches funèbres du printemps dit «arabe», par, tout d’abord, l’entame précoce des réformes multiformes dès le début des années 90, ensuite, par la mise au monde de la meilleure loi suprême des annales du pays. Il est vrai également que ce document revu, à la hâte, du fait de la tempête externe déroutante et de la fronde interne de la révolte en ébullition, renferme nombre de lacunes dans tel ou tel compartiment. Mais, il convient de reconnaître que sa teneur aurait pu faire avancer le processus si sa mise en pratique avait requis un franc  volontarisme d’exécution.

Or, on aura assurément constaté qu’après un peu moins de dix ans de la procréation de cette nouvelle mue constitutionnelle, nombre de droits et d’attributions ne se sont pas encore opérés comme il se doit, y compris les adjudications de l’institution du chef du gouvernement et celles de sa formation.

Il est pareillement évident que la mise en préparation d’un nouveau modèle de développement est organiquement tributaire de l’activation du dispositif constitutionnel, sans interférence ni empiètement. C’est pratiquement, en mettant en pratique des dispositions de la constitution, dans leur globalité, que la nécessité de se refaire une mue plus relevée, se fera ressentir.

On ne pourrait sans doute réclamer plus  que lorsqu’on aurait fait fonctionner le contenu actuel dont une bonne partie est renvoyée aux calendes grecques. Dix ans d’itinéraire, sous la présente constitution, paraissent insuffisants pour un pays en quête aujourd’hui du nouveau modèle de développement qui déboucherait incontestablement, sur un régime parlementaire, si la volonté prévalait pour de bon.

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