La FMEJ appelle à faire barrage à un mécanisme antidémocratique

Une commission provisoire pour la presse et l’édition

Le bureau exécutif de la Fédération marocaine des éditeurs des journaux (FMEJ), a qualifié l’adoption  par le gouvernement du projet de loi portant création de la Commission provisoire pour la gestion des affaires de la presse et de l’édition, comme une atteinte grave au processus de renforcement des acquis démocratique et à la mise à niveau d’une presse libre, pluraliste et responsable. Dans un communiqué publié mercredi 15 avril, à Casablanca et ce à la veille de la réunion du Conseil du gouvernement, le bureau exécutif la FMEJ a appelé les députés et les conseillers et tous les défenseurs de la liberté de la presse et du pluralisme à barrer la route à cette tentative de main mise sur une institution élue d’autorégulation.

Tout en regrattant la tournure que les choses avaient prises dans la gestion du secteur de la presse qui s’est écarté des valeurs tant défendues par une génération d’or, le bureau exécutif de la FMEJ s’est arrêté sur les justifications officielles  avancées par le pouvoir exécutif comme l’absence d’un mécanisme pour l’organisation des élections du Conseil national de la presse. Il s’agit, en fait,  d’un projet de loi que le Maroc n’ait  jamais connu même dans les années difficiles qui ont précédé la nouvelle ère.

Pour la même source, l’argument du gouvernement demeure infondé étant donné l’article 54 de la loi portant création du  Conseil national de la presse est « un article authentique » et non point « obsolète », comme l’a affirmé le ministre de la communication. Qui plus est, l’article 9 de ladite loi dispose que le lorsque le Conseil est dans l’impossibilité d’assurer ses missions, l’administration désigne les membres de la Commission  présidé par un magistrat, visés dans l’article 54, d’assurer les missions du Conseil jusqu’à l’installation du nouveau Conseil dans un délai de 6 mois.

Le bureau exécutif de la FMEJ s’est dit étonné en s’arrêtant sur le manque de sérieux avec lequel on procède à la gestion des choses et qui relèvent d’un droit sacré, celui de la liberté d’expression qui est lié organiquement à la liberté de la presse.

Le communiqué indique que les déclarations du chef de département de tutelle lors de la réunion tenue avec les membres de la FMEJ sont la preuve de ce manque de sérieux, car il a déclaré en substance que « son département a écarté le scénario des élections car ces dernières vont reproduire la même composition du Conseil.», y lit-on en substance.

Est-il raisonnable qu’un ministre dans un Etat des institutions s’abstient d’organiser des échéances démocratiques parce que cela ne pas de pair avec ses prévoyances, s’interroge le communiqué.

Abondant dans le même ordre d’idées, le bureau exécutif de la FMEJ souligne qu’il ne comprend point que le gouvernement ou encore la  partie qu’il va la nommer, vont user des mécanismes antidémocratiques voire désuètes  afin de réformer le secteur de la presse et de l’édition.

Cela étant, la désignation d’une Commission composée d’un seule partie afin d’élaborer des lois sur mesure et de superviser les élections  à lesquelles elle va prendre part est mieux que l’article 9 de loi du Conseil national de la presse, s’interroge la même source, sachant que cet article dispose que la Commission n’est pas désigné par le gouvernement. Autrement dit, le gouvernement ne fait qu’inviter cette Commission présidée par un magistrat. Cette commission indépendante œuvra à la nomination d’une Commission provisoire pour la gestion des affaires du Conseil en attendant l’organisation des élections supervisées par la justice, explique la FMEJ.

Dans cette optique, le bureau exécutif de la FMEJ appelle tous ceux qui sont acquis  à la profession à poursuivre la mobilisation pour mener une bataille juridique afin de faire face à cette commission provisoire qui n’est pas du tout constitutionnelle.  La FMEJ a en outre, lancé un appel aux députés et conseillers de la nation à faire prévaloir la voix de la raison et de la sagesse en faisant tomber ce projet de loi au nom de l’intérêt suprême de la nation et pour la protection d’un champ médiatique libre et pluraliste.

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