«La lecture, mon échappatoire!»

Des écrivains à l’heure du Covid-19: Rabea Menouni, poétesse

Le COVID -19. Un virus mutant à la base d’une pandémie inédite, et sans précèdent qui a conduit une centaine de pays à prendre des mesures drastiques pour protéger les populations, dont le «confinement» pour contenir la contagion.

Rien que le mot confinement renvoie à des synonymes «claustrophobiques», espace restreint, manque d’oxygène, promiscuité… Chez beaucoup cela crée une atmosphère anxiogène, une réduction. Comme chacun, le confinement dont on a été sujet il y a maintenant presque une semaine a créé chez moi le même malaise.

J’appréhendais le désœuvrement, la routine et le manque d’espace. Un malaise psychique. Les deux premiers jours, je suis restée vautrée dans mon canapé à changer de chaines en boucle pour en savoir plus sur ce virus qui terrifie la terre entière. Martelée par les médias, les réseaux sociaux, internet… Je me suis rendue compte que j’ai restreint encore plus mon espace entre la télévision, l’ordinateur et mon smartphone sur lequel je jetais un coup d’œil toutes les secondes.

Et je ne faisais qu’augmenter ma peur de cet ennemi inconnu et invisible. Je me suis rendue compte que je ne maitrisais rien, comme des millions de gens, un sentiment d’impuissance et d’inutilité m’envahit. J’ai tout éteint et j’ai quitté mon canapé. Je refusais ce fatalisme négatif qui m’enfonçait dans la peur et le désespoir. J’ai recommencé à vivre normalement dans mon petit appartement, certes, mais normalement, accomplir mes tâches ménagères, concocter des plats, arroser mes plantes et surtout parler aux miens et les rassurer, puis j’ai pris ma plume et je me suis mise à écrire.

Tout au long de l’histoire il y eu des épidémies qui ont décimé des millions de gens. S’il n’y avait personne  pour écrire, on ne l’aurait probablement jamais su. Je refusais de subir sans agir. J’ai écrit des poèmes sur le coronavirus qui sans doute auront la chance d’être publiés un jour. J’ai commencé à agir sur les réseaux sociaux, à écrire des articles sur la nécessité du confinement et je me suis sentie, d’un coup utile à la communauté.

Et quand cela me submergeait trop,  je décrochais pour lire un roman d’amour ou quelques extraits d’un livre de philosophie ou quelques poèmes de Baudelaire ou d’Apollinaire ou de Moutanabbi ou bien une pièce de théâtre de Racine ou de Sophocles… Je me rendis compte que le livre est non seulement notre ami mais aussi notre échappatoire.

Lisez et écrivez si vous le pouvez! Gravez dans le temps et transmettez ! L’écrivain ou le poète est aussi responsable qu’un politique ou un acteur social. Il ne peut se dérober de ce rôle qui lui est attribué par la force des choses. Rendre compte, sensibiliser et informer.

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