La mémoire retrouvée!

La mémoire collective du Souss ne peut passer sous silence une longue période de la vie de nos concitoyens, pendant des décennies. Un peu partout en Europe,  dans les mines de charbon, en particulier dans le nord de France, on se souviendra de l’expatriation des poitrines robustes, marquées de «sceau d’aptitude» d’un certain Mora chargé, à l’époque de sélectionner les mineurs tels des «Blek le Roc», entrappeurs coriaces des bandes  dessinées. Aujourd’hui, les mines sont closes et les mineurs «beurs» toussotent toujours, sous l’effet de la cellulose. Les thorax rescapés, minés par le charbon toxique, sont toujours témoins d’une ère révolue, si atroce et macabre.

A ce propos, on se rappellera qu’un parterre d’anciens mineurs, mis à la retraite, eut l’idée de faire revivre ce bout de temps, de narrer les affres d’une telle aventure, mais également des moments de regards croisés sur une situation sulfureuse. En effet, il y a quelques années de cela, en partenariat avec le Conseil national des droits de l’Homme,le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger et le ministère Chargé de la Communauté Marocaine à l’Etranger, l’Association des mineurs marocains résidents au Nord-Pas-de-Calais, avait organisé la caravane des mineurs marocains du Nord-Pas-de-Calais sur le thème central «la mémoire au service des droits de l’Homme».

Composée d’anciens mineurs, artistes, chercheurs, étudiantset experts dans le domaine du développement, la caravane avait jalonné les villes du sud du Maroc : Agadir, Guelmim, Ouarzazate, Tiznit et Taroudant, en vue de valoriser et de réhabiliter la mémoire et l’histoire des mineurs marocains installés dans le Pas-De Calais en France et rappeler leurs droits les plus légitimes. Durant cinq semaines, l’exposition intitulée «Les mineurs marocains du Nord-Pas-de-Calais», les projections de films et les présentations de pièces de théâtre avaient permis  de rapporter l’histoire et le vécu de ces milliers d’immigrés, arrivés en France par flots, durant les années 1960.

Des café-mémoires et des rencontres étaient aussi une occasion d’entendre les témoignages émouvants d’une flopée de mineurs  marocains installés aujourd’hui au Maroc et de rapprocher leurs  attentes et leurs aspirations. Enfin, des tables rondes et séminaires avaient abouti à la mise en place d’actions de développement, de solidarité et d’accès aux droits au Maroc.  Il est à noter que  les initiateurs et des bénévoles attachés à la cause migratoire, cette louable action ouverte aux immigrés et à leurs familles, jeunes, étudiants, petits apprenants, institutionnels et au grand public.

Cette initiative de haute portée humaine et sociale, avait contribué à la production d’un livre blanc à destination des acteurs politiques et des acteurs de développement en France et au Maroc.On remuera encore cette ancienne idée qui date de 2012, non pas pour remémorer un temps pathétique, mais pour se réconcilier avec l’histoire et se rafraîchir la mémoire d’un passé ardu que les compatriotes ont dû vivre pour servir de leçon aux générations montantes. Et si on rééditait cette belle activité, ce serait une bonne chose!

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