La nouvelle politique migratoire de la Suède

Attendons pour voir…

Nabil El Bousaadi

L’immigration intensive qu’a connu la Suède et l’intégration des migrants que le gouvernement a jugée insatisfaisante ont mis le pays face à des défis importants et au-devant de la nécessité de mettre en œuvre des mesures qui s’inscrivent dans une perspective de réforme de la politique d’immigration.

Ainsi, après le succès du parti d’extrême-droite des Démocrates de Suède qui était parvenu à se positionner comme deuxième force politique lors des élections générales de Septembre 2002, le pays s’est trouvé contraint d’amorcer un important virage en matière de politique migratoire et de se défaire de son image de terre d’accueil à telle enseigne qu’en regrettant qu’à partir des années 1990, la Suède ait accueilli un trop grand nombre d’immigrants en provenance de contrées en proie à des conflits – notamment l’ex-Yougoslavie, la Syrie, l’Afghanistan, la Somalie, l’Iran et l’Irak – Ulf Kristersson, le chef de file des conservateurs suédois, s’est engagé, dès son accession au pouvoir, à lutter contre l’immigration et la criminalité.

C’est à ce titre que, dès le 1er novembre 2023, le salaire minimum requis pour demander un visa de travail a doublé, en passant de 13.000 à 27.360 couronnes suédoises (environ 2.390 euros) et en mettant près de 15.000 personnes sous la menace d’une expulsion et que, mardi dernier, 21 novembre, Paulina Brandberg, la ministre chargée de l’Egalité des genres, a annoncé que l’exécutif suédois prévoit de réviser la législation en vigueur de manière à pouvoir révoquer les permis de séjour en cas de « manquements dans le mode de vie » tels la fraude aux prestations sociales, l’endettement, la toxicomanie, les moyens de vivre illégaux ou encore l’association avec des groupes criminels ; en somme, tout ce qui, d’une manière ou d’une autre, pourrait être considéré comme étant « une menace aux valeurs suédoises fondamentales » .

Pour le porte-parole des Démocrates de Suède, Ludvig Aspling, cette révision de la Loi devra déterminer s’il convient « d’inclure des déclarations qui menacent sérieusement les valeurs démocratiques de la Suède » dès lors que le « principe de base de la législation suédoise sur l’immigration est que seuls les citoyens suédois ont un droit inconditionnel de résider en Suède ».

Dans ce même ordre d’idées, lors d’une conférence de presse tenue conjointement avec le parti des Démocrates de Suède (SD), qui soutient le gouvernement, Maria Malmer Stenergard, la ministre chargée de la Migration, a tenu à préciser qu’« une condition préalable à une intégration réussie est que les personnes qui veulent vivre en Suède, adhèrent également aux normes de base et vivent de manière honnête » et que, de son côté, le ministre de la Justice, Gunnar Strommer, a annoncé, lors d’une émission radiophonique, qu’il a demandé à Robert Schott, un ancien juge, de lui remettre, au plus tard à la mi-janvier 2025, une liste de propositions portant sur la révocation de nationalité afin d’être en mesure de déchoir de la nationalité suédoise les criminels, les terroristes et même ceux qui auront usé de fausses déclarations préalablement à leur naturalisation.  

Toutes ces propositions visant à aborder la problématique de l’immigration, de manière efficace et pragmatique, il semble que cette question soit appelée à devenir un sujet majeur de débat public dans un pays qui veut se défaire de son image de terre d’asile mais attendons pour voir…

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