«L’avenir se construit et le meilleur est possible»

Sans prétendre à un pouvoir divinatoire surnaturel, à un rêve prémonitoire ou disposant d’une fuite d’information de la part des intéressé(e)s; on peut affirmer, dorés et déjà que le rapport de la «Commission sur le nouveau modèle de développement » sera une référence que tout un chacun appréciera par la qualité de l’analyse et la pertinence des propositions.

Pour répondre à un ancien chef de gouvernement débarqué, le média télévisé officiel ouvre son journal principal en affirmant que  «la Commission sur le nouveau modèle de développement est composée de compétences disposant de parcours académiques et professionnels multiples et diversifiés, ayant une vaste et bonne connaissance de la société marocaine et des questions politiques économiques sociales culturelles et environnementales qui l’interpellent». Chacun(e) comprendra le sens de la réplique et forge l’identité nationale de la Commission.

En effet, les membres de la Commission sont des patriotes éclairé(e)s dont le cheminement et la notoriété garantissent l’excellence du travail qui sera mené à son terme. Le dénominateur commun qui, pour le moins, pourrait distinguer les 35 membres de ce cénacle serait leur volonté de vivre dans leur pays, le Royaume du Maroc, qui «fidèle à son choix irréversible de construire un Etat de droit démocratique, poursuit résolument le processus de consolidation et de renforcement des institutions d’un Etat moderne, ayant pour fondement les principes de participation, de pluralisme et de bonne gouvernance.

Il (le Royaume du Maroc) développe une société solidaire où tous jouissent de la sécurité, de la liberté, de l’égalité des chances, du respect de leur dignité et  de la justice sociale dans le principe de corrélation entre les droits et les devoirs de la citoyenneté». (Pour se limiter à ce paragraphe du Préambule de la Constitution votée en 2011).

De l’économiste atterré au «roi des OPA», les personnalités ainsi réunies vont «plancher» studieusement pour assurer au pays de nouvelles «sources de création de richesses» et surtout (ô espoir !) d’avancer les modalités garantissant la répartition de ces richesses «à l’ensemble des catégories sociales et espaces territoriaux».

Travail ardu mais qui n’est pas impossible pour «l’intelligence collective» que se veut être «la Commission spéciale sur le modèle de développement».Dans l’efficience et le pragmatisme,  le diagnostic de la situation actuelle sera «précis et objectif» dans une très grande mesure; alors que les propositions des composantes du nouveau modèle de développement qui «devrait permettre au Maroc d’accéder aux rangs des pays avancés» seraient certainement moins nettes et plus générales; eu égard au contexte perturbé de la mondialisation et à «la crise de confiance que nous traversons». Pas de ruptures annoncées mais des «grandes inflexions » sont prévisibles. Quoiqu’il en soit, chacun(e) fera de son mieux pour assumer la responsabilité et mériter la confiance mise en sa personne.

Pour rappeler les antécédents, on se limitera au «Rapport Général du cinquantenaire sur le Développement Humain» qui se proposait au début du millénaire, après l’alternance consensuelle, «d’identifier les mutations qu’ont connues la société et l’économie marocaine durant le demi-siècle passé, de rendre compte des progrès réalisés et des blocages rencontrés durant cette période… dans la perspective d’une nouvelle pédagogie de formulation des politiques publiques dont le Maroc a aujourd’hui plus que jamais besoin».

Que s’est-il passé depuis ? Certainement que plus qu’une allusion à ce déphasage entre la volonté exprimée et la réalité actuelle, précise et objective, dure et froide de notre beau pays qui est le nôtre trouvera sa place dans les «livrables»  de la CMSD. (Le nom de la Commission change… Bon présage pour la suite ?).

Last but not least, l’espoir est de trouver dans ces livrables attendus une notice opératoire. Les honorables membres de la CMSD ne peuvent pas faire vivre notre peuple avec des vœux pieux et des recommandations. Le problème se situe aussi dans la mise en œuvre du kit des livrables. Le champ politique national est dans un état morbide et son «elegerocratie» est infertile. La technocratie ne peut à elle seule assumer d’autant plus que cette vision occulte la «consolidation du processus démocratique».

Déjà, à l’été, au moment où le fruit est emballé pour sa livraison, les préparatifs pour le projet de la loi des finances 2021sont entamés. Une année où beaucoup d’inflexions seront à prendre. Tout cela ne diminue en rien la certitude que, comme il est écrit sur la page de garde du «Rapport Général du cinquantenaire sur le Développement Humain», «L’avenir se construit et le meilleur est possible».

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