Le cri de détresse des professionnels

Théâtres et salles de cinéma 

Mohamed Nait Youssef

Les voix des professionnels des métiers artistiques et des  amoureux des arts se sont élevées  pour la réouverture des salles de cinéma, des théâtres et des espaces culturels fermés depuis plusieurs mois.

Certes, ces temps pandémiques sont durs pour les artistes et toutes les chaînes et les filiales de l’industrie culturelle et artistique. En effet, depuis le début de la pandémie de la Covid-19, de nombreuses manifestations culturelles et artistiques sont à l’arrêt. Pis encore, plusieurs artistes, techniciens et travailleurs dans les domaines des arts ont été  proie du chômage après avoir annulé les festivals et fermé  les théâtres, les salles de spectacles et de cinéma. Que faire devant cette situation interpellante ayant touché profondément  ce domaine si fragile et atypique ?

En septembre dernier, un bon nombre de comédiens, d’artistes, de dramaturges et d’acteurs culturels entre autres le metteur en scène Abdeljabar Khoumrane, le comédien et metteur en scène Amine Nasseur, le scénographe Tarik Ribh et bien d’autres ont tiré la sonnette d’alarme en appelant à la réouverture des théâtres et des salles de cinéma. «La situation du secteur théâtral en particulier et artistique en général  connait une régression remarquable, et les artistes qui non pas une source de revenue stable sont dans de mauvais drapes», écrivait le dramaturge et metteur en scène, Abdeljabar Khoumrane. «C’est une année blanche pour les travailleurs du secteur, dit-il. Et l’activité est à l’arrêt total sachant que les salles, les centres culturels sont fermés et le  soutien exceptionnel est en retard, poursuit-il. Et d’ajouter : «face à cette réalité délicate, les artistes se demandent : que faire ?».

Une année blanche, confinée… en attendant la prochaine saison culturelle.

Par ailleurs, la députée Fatima Zahra Barassat, membre du Groupement parlementaire du progrès et du socialisme (GPPS : PPS), a adressé,  septembre dernier,  une question au Chef du Gouvernement, Saâd-Eddine El Othmani, sur les possibilités mais aussi les alternatives afin verser  un nouveau sang dans les veines  du milieu artistique national  profondément impacté par  la crise de la Covid-19.

«La situation générale de ce secteur est inquiétante. Et cela exige l’adoption de mesures urgentes afin de lui redonner une vie, et ce à travers la réouverture partielle de théâtres, cinémas et salles de mariage ainsi que la recherche des autres moyens pour soutenir financièrement les artistes afin qu’ils puissent maintenir leur lien avec le public», a souligné la disputée dans la question écrite au Chef du Gouvernement.

Dans l’espoir d’une éventuelle relance du secteur culturel et artistique, les appels se sont multipliés ces derniers jours pour la réouverture des théatres et des cinémas. Un appel légitime en ces temps froids et fades !

Sur les réseaux sociaux toujours, le critique de cinéma Abdelkarim Ouakrim a dévoilé récemment  la liste des signataires sur  la pétition appelant les autorités marocaines à la réouverture des  salles de spectacle, des théatres et des cinémas ainsi que l’organisation des festivals et des manifestations culturelles et artistiques au Maroc.

Parmi les noms figurant sur cette pétition, on trouve des comédiens,  des acteurs, réalisateurs et critiques de cinéma dont Yassin Ahjam, Mohamed Choubi, Driss Roukhe, Majida Benkirane, Saad Tsouli, Youssra Tarik , Hassan Benjelloun, Mohamed Elyounoussi, Rachid Zaki, Said El Mazouari, Alaa Eddine Aljem et bien d’autres.  «J’ai partagé une pétition sur la page face-book appelant à la réouverture des théâtres et des salles de cinéma qui a été signée par des professionnels du métier ainsi que des noms reconnus de scène artistique nationale. L’attente se fait  longue ! Et ces espaces culturels et artistiques doivent reprendre leurs activités dans le respect des mesures sanitaires», a souligné le critique de cinéma Abdelkarim Ouakrim dans une déclaration à Al Bayane.

La culture, a-t-il dit, est un besoin vital  et non plus un luxe. « En Egypte, deux événements cinématographiques ont eu lieu dont le festival du film d’El Gouna et le festival international du film du Caire. Je pense que c’est le temps aussi de reprendre les activités artistiques chez nous, et que cet appel ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd! », a-t-il affirmé. 

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