Le football tue au Maroc

La série des violences dans les stades au Maroc continue. Samedi dernier dans la soirée, le complexe sportif Mohammed V a connu des incidents mortels. Au moins deux personnes ont été tuées et plus d’une cinquantaine de blessées au terme d’un simple match de la Botola entre le Raja de Casablanca et le Chabab Rif Al Hoceima au complexe Mohammed V. Les incidents ont eu lieu sur les gradins suite à des affrontements graves entre deux groupes de supporters du Raja de Casablanca, indique un communiqué de la Direction générale de la sûreté nationale.

Selon le communiqué de la DGSN, ces affrontements ont éclaté entre des supporters du Raja, juste après la victoire de leur équipe (2-1), ce qui a causé plusieurs blessures et la dégradation de biens publics et privés.

« Deux personnes ont rendu l’âme à leur arrivée à l’hôpital ; l’une avait été gravement touchée par un objet tranchant, mais l’autre ne présentait aucun signe apparent de violence. Les 54 autres soi-disant supporters ont été blessés et évacués vers l’hôpital Moulay Youssef pour recevoir les soins nécessaires », précise également le communiqué. Les conséquences seraient encore plus lourdes, puis que d’autres sources parlent d’environ 80 blessés.

Les incidents se sont prolongés jusqu’à l’extérieur du stade sur la voie publique jouxtant le complexe Mohammed V. On parle de plus d’une dizaine de voitures endommagées par des jets de pierres, selon la même source qui a souligné que 10 personnes ont été arrêtées avant le match et plus de 30 l’ont été à la fin de celui-ci en raison de leur implication dans ces actes de vandalisme qui marquent le football marocain, depuis plusieurs saisons. La préfecture de police de Casablanca a ouvert, samedi soir, une enquête judiciaire sous la supervision du parquet compétent pour déterminer les circonstances de ces incidents des plus regrettables et appréhender toutes les personnes impliquées. La police  devra faire le nécessaire pour l’application des lois en vigueur. Car le phénomène de ces actes barbares et mortels, qui se répète aussi à l’extérieur de nos stades, risque de s’aggraver si nos départements et service concernés ne réagissent pas à temps et avec grande fermeté.

Et les exemples sont nombreux dont les récents incidents fâcheux ayant entaché le même complexe Mohammed V lors du derby écoulé entre le Wydad et le Raja. Incidents qui ont donné lieu à des blessures graves d’un policier principal et d’un brigadier suite à des actes de vandalisme au cours desquels des véhicules de police ont été endommagés.

On se rappelle toujours des actes de violence et des affrontements dans différents matches entre groupes de supporters du WAC, comme c’est le cas aujourd’hui avec le Raja ; sans oublier les autres actes de vandalisme entre supporters du WAC et de l’ASFAR ; et supporters  du Raja et de l’ASFAR. Les mêmes incidents ont été constatés entre supporters de l’équipe militaire et ceux du MAS, du DHJ, du KAC… Et l’hémorragie continue aujourd’hui avec des morts au sein du stade pour la première fois.

Plusieurs grands points d’interrogations se posent donc. Comment se fait-il que les supporters d’un même club s’affrontent entre eux alors que leur formation préférée s’est imposée sur terrain réalisant ainsi la 4e victoire d’affilée… ?

Comment peut-on expliquer la réaction négative des forces d’ordre et de sécurité qui n’ont pas bougé et ont tout simplement brillé comme de simples spectateurs face à ces actes de vandalisme…

Qui a permis à de tels hooligans et d’autres malfaiteurs d’accéder au stade en possession de pierres, de battons, de pierres, de projectiles, de fumigènes… sachant bien que dans un passé récent le principal fournisseur de ces projectiles utilisés à l’intérieur du stade a été identifié et qu’une quantité de projectiles a été saisie à son domicile, nous avaient fait savoir les services d’ordre concernés au terme de leurs opérations sécuritaires lors du récent derby casablancais ?

Où en sommes-nous des caméras utilisées dans les stades afin de superviser les différents hooligans… ?

En somme, notre football est toujours menacé par ces soi-disant supporters. Mais en l’absence de l’application des lois en vigueur, le phénomène de la violence au sein et en dehors des stades ne peut que s’amplifier.

Pour le moment, une chose reste sûre et certaine, le football est devenu une discipline qui tue au Maroc. Qu’en pensent les différents responsables du football, en particulier, et du sport national en général…

Rachid Lebchir

*

*

Top