Le mal est politique

La pandémie du covid19 impose à tous une action de consolidation de l’existant. L’Etat par sa puissance régalienne, d’où la majuscule, dirige les plans de relance de l’activité économique mise en inertie lors du confinement généralisé. Par l’intermédiaire des dispositions de l’urgence sanitaire renouvelées, l’Etat jugule autant qu’il se peut de le faire, l’expansion du coronavirus.

La crise sanitaire reste sous le contrôle même si, comme pour tous les autres secteurs de l’activité, des difficultés et des dysfonctionnements sont remarqués. Ils sont plus patents car tout le système sanitaire national est mis à nu devant l’urgence. La Santé est alitée. Son secteur public est depuis longtemps essoufflé et le restera ; il remplira la tâche qui lui est dévolue dans le contexte actuel. A la fois salle d’attente, mur des lamentations et hôpital sans hospitalité.

Le secteur privé est beaucoup plus attaché au profit, à la transgression de la loi et à la facturation abusive. Bien sûr; dans ce domaine il y a des exceptions; il y a des femmes et des hommes qui tiennent la dragée haute au covid19 aux dépens de leur santé et parfois de leur vie. Comme il y a des structures sanitaires qui fonctionnent au mieux et préservent au mieux la santé de nos compatriotes.

Le cas des écoles, et du système de l’éducation et de la formation dans son ensemble, vacille entre le présentiel et le distanciel, la fermeture temporaire des établissements et un emploi du temps hebdomadaire partagé. La feuille de vigne qui cache la crise profonde du système ne peut que tomber au fil du temps!

Les autres secteurs de l’activité sont en régression notable. Selon la gravité de l’impact subi, leur gestion est menée dans la morosité, voire une méfiance dans l’avenir proche.

Il reste que sans état d’âmes, l’Etat assume selon les choix déjà déterminés auparavant dans le cadre de «l’ouverture imposée et subie». Le déficit budgétaire va plonger encore vers la dégradation, et la dette va s’amplifier. Cela obère l’initiation d’une politique sociale d’envergure pour colmater les brèches béantes dans ce domaine. La disparition des aides directes aux ménage et les conséquences induites par la sécheresse se répercuteront sur le tissu social en augmentant la précarité et la pauvreté d’une grande partie de la population. Ainsi en est-il, ainsi en sera-t-il, faute de rupture avec des options socio-économiques dont l’échec est reconnu à des degrés divers.

A court terme, il est évident que le «nouveau modèle de développement» en gestation ne peut se suffire de replâtrages, en tout moments fissurés, et devra préconiser une REFORME basée, d’une part, sur la mise en valeur de l’élément humain et sa préparation à comprendre et à agir dans la responsabilité et la rationalité; et d’autre part, sur le développement des capacités intrinsèques de notre beau pays à dépasser les contraintes du sous-développement pour prendre la voie de l’émergence.

D’ici à ce que les choses se précisent et deviennent réalités, les débats se multiplient, surtout en dehors des médias institutionnels et dans l’absence des responsables gouvernementaux. Parfois savants et tournant autour d’une question pointue ; parfois populistes, grincheux et pompeux, ils cherchent à trouver une ou des solutions à qui veut les entendre.

Il s’avère ainsi que notre beau pays a besoin d’une communication où le débat est contradictoire, pédagogique et argumenté. Nonces soliloques à tour de rôle, pour répondre à une question dédiée, mais un échange interactif dans le respect et la clarification des options de chaque partie intervenante. Nos compatriotes ont le droit de savoir. Ils ont le droit de comprendre le pourquoi des choix et ses conséquences. Si rien ne se perd dans le paysage médiatique, tout peut se transformer, et cette mutation biaise l’information.

La mise en œuvre d’une communication où les acteurs et les partenaires de la vie politique et socioéconomique se font entendre clairement et franchement ne peut que consolider la cohésion sociale et le processus démocratique. Elle permettra une clarification sur les projets et dissipera les malentendus qui font le lit de la mésentente avec les organisations politiques et les institutions. Elle permettra l’acquisition d’une culture du débat démocratique dans notre société et non des speechs qui se répètent à l’identique.

Au fait, notre mal politique aggrave la crise conséquente à la pandémie tant que le smog, qui couvre le champ politique, laisse la société, déjà dans la confusion, vivre de la rumeur et du sous-entendu.

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