Le Maroc de l’ancien monde

Le célèbre philosophe marxiste italien, Antonio Gramsci n’arrêtait pas de clamer sur tous les toits : «Il y a crise quand l’ancien monde ne veut pas mourir et que le nouveau monde ne veut pas naître !».

Cette citation de la fin du 19e Siècle, toujours d’actualité, peut convenir à bien des pays dont le nôtre. En dépit de ses avancées notoires qu’il n’a pas cessé de cumuler pendant son parcours jalonné de péripéties, notre pays n’est pas encore parvenu à déverrouiller ses carcans. Il vit toujours son «ancien monde», synonyme de crise! Que voulait dire le théoricien transalpin par «ancien monde» ? Il n’y a pas à chercher plus loin que son nez! Ce sera bien naturellement, la panne sociale qu’on traîne des lustres durant sans cure réelle.

La majorité écrasante de la société endure le calvaire de l’exclusion alors que la minorité dominante jouit de l’extase de la béatitude. Cette disparité criarde dont la flagrance s’intensifie de jour en jour tire le pays vers le bas et par conséquent, vers «l’ancien monde» où prospérait la loi de la jungle.

Ce n’est guère une fatalité innée ni un dessein éternel que de demeurer à la merci de cet «ancien monde» lugubre! Notre pays a choisi d’être inégalitaire par ses politiques publiques au détriment des  larges franges précaires et miséreuses de son peuple. Il a choisi de ne pas mettre fin à ses tares qui l’accablent à petits feux, celles de la rente, de la corruption, de la répression, de l’impunité. Il a choisi de se faire écraser par les lobbys de terre et de mer qui violent les lois et volent au grand jour, ses multiples ressources. Il a choisi de faire main basse sur la vie politique et fausser l’évolution saine de la pluralité en vue de faire perdurer la démocratie de la «façade».

Il ne veut pas quitter «l’ancien monde» pour s’engager dans la voie du «nouveau monde», celui de l’authentique démocratie, de la justice sociale, du vrai progrès…Il y aura toujours crise dans un pays où «l’ancien monde» ne veut pas mourir et le «nouveau monde» ne veut pas naître. Notre pays est en possession d’une monarchie habile et d’un peuple affable pour maximiser à fond cet énorme  potentiel géostratégique et naturel dont il regorge.

Mais, il en fait mauvais usage, à travers les choix de «l’ancien monde» ! «Quand le Maroc se réveillera, le monde tremblera!», serait-on toujours tenté de paraphraser l’éminent écrivain, membre  de l’académie française, Alain Peyrefitte. Que le «nouveau monde» naisse enfin pour un pays si prometteur!

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