Le Maroc pour une réaction raisonnable…

Au moins trois pays ont réagi d’une manière différente, contre ou pour, leurs institutions sportives après les Jeux Olympiques 2016 de Rio. La première sentence en Afrique est venue du Kenya qui a officiellement annoncé la dissolution du Comité national olympique malgré la bonne prestation de ses athlètes qui réussi une moisson de 13 médailles dont 6 en or et autant d’argent pour se classer dans le Top 15 du monde olympique.

L’autre sentence relève du Koweït qui a également limogé les dirigeants de son Comité national olympique et de sa fédération de football, 10  mois après sa suspension par le CIO et la FIFA en raison d' »ingérence gouvernementale » dans les instances sportives locales.

Un autre cas similaire pas du même échantillon. Il a eu lieu au Turkménistan où le chef des sports a été humilié par le chef d’Etat après le zéro pointé de Rio mais sans aucune ingérence dans les instances sportives de ce pays isolé en Asie centrale qui faisait partie des Républiques de l’ancienne URSS, un pays de cinq millions d’habitants, qui n’a encore jamais gagné de médaille olympique, malgré les moyens colossaux déployés pour développer le sport.

Le Maroc s’est aussi révolté mais «positivement» et pas officiellement. Le gouvernement marocain laisse le soin aux instances spécialisées de faire le travail nécessaire.  Pour le moment, le Comité national olympique (CNOM) s’est distingué en saluant les efforts déployés au profit des fédérations sportives, notamment dans le cadre de leur préparation aux JO de Rio. Cela bien sûr pour consolider les moyens humains et matériels réservés aux fédérations sportives afin de peaufiner les préparatifs des grands rendez-vous internationaux et surtout olympiques. C’est une réaction positive du CNOM qui joue la carte de la diplomatie dans ses relations avec ses fédérations qui les respecte et qui les considère comme des partenaires incontournables du mouvement olympique et sportif marocain. Mais la réaction du CNOM ne peut pas du tout s’avérer normale, raisonnable et acceptable après cette nouvelle déception du sport marocain qui est sorti les mains vide aux JO de Rio. Une médaille de bronze orpheline arrachée grâce à la boxe alors que la délégation marocaine à Rio est composée de 49 sportives et sportifs dans 13 disciplines.

Les cartes devront être révisées et pour le CNOM et pour toutes ses fédérations qui devront reconnaître leurs échecs, rendre des comptes et partir, dans les normes bien sûr. Il faut bien désigner les responsables de ce nouvel échec à commencer par ce CNOM même qui n’est plus dans les normes puisqu’il est dirigé par des personnes retraités en l’absence de son assemblée générale depuis fort longtemps. Ce qui est pour le CNOM l’est aussi pour certaines fédérations sportives et leurs composantes essentielles, clubs, associations, ligues…

Il faut donc que les décideurs du sport national aient le courage de le dire. Il faut qu’ils aient la culture de la démission après l’échec. C’est n’est guère une honte. La honte c’est qu’ils soient toujours là pour consolider l’échec…

Il faut donc bien tourner la page d’hier et ouvrir une autre aujourd’hui dans l’espoir d’entamer les préparatifs des prochains JO de Tokyo 2020, dès aujourd’hui, avec de nouvelles institutions mais aussi de nouvelles options et de nouvelles stratégies, saines et réelles.

Rachid Lebchir

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