Le Président Ortega assuré d’exercer un quatrième mandat…

Ce dimanche 6 Novembre quelque 3,8 millions d’électeurs Nicaraguayens, sur une population de 6 millions d’âmes, ont été appelés aux urnes pour élire leur président; une élection sans surprise puisqu’elle a eu lieu en l’absence d’observateurs internationaux et sans aucune réelle opposition au vieux «Commandante» Daniel Ortega qui vise ainsi une quatrième législature.

Une seule nouveauté, toutefois; il brigue ce quatrième mandat en tandem avec son épouse Rosario Murillo, une ancienne militante sandiniste de 65 ans qui se fait appeler «la mère du peuple» mais que ses détracteurs prénomment «la sorcière».

Cette dernière qui a rencontré son époux en 1977 alors qu’ils étaient tous les deux dans la clandestinité est devenue aujourd’hui une figure controversée de la politique nicaraguayenne; une situation qui a renforcé les critiques à l’égard du Chef de l’Etat accusé, désormais, de chercher à imposer une dynastie familiale après celle des Somoza qui avait régné sur le pays de 1936 à 1979.

Le Chef de l’Etat sortant, qui, après avoir écarté les principaux partis d’opposition, se présente sous la bannière du Front Sandiniste de Libération Nationale fêtera son 71ème anniversaire  le 11 novembre prochain. Il est donné très largement favori par les derniers sondages ; ce qui fait dire à  Gaspard Estrada, Directeur Exécutif de l’Observatoire de Sciences-Po Paris sur l’Amérique Latine, que «cette élection est organisée dans les pires conditions (et que) le Nicaragua est une démocratie sans démocrates».

Elu, en effet, à la tête de l’Etat en 1985, l’ex-guérillero sandiniste a été réélu en 2006 et en 2011 avant de modifier en 2014 la Constitution du pays pour pouvoir se faire réélire ad vitam aeternam donc sans aucune limitation ; raison pour laquelle l’opposition qui n’est représentée, dans l’actuelle consultation, que par Maximino Rodriguez, un avocat du Parti Liberal Constitutionnaliste n’ayant recueilli que 8,1% des intentions de vote, a appelé à boycotter un scrutin qu’elle qualifie de «farce» et ce, alors même qu’outre l’élection du Président et du Vice-Président, ce suffrage concerne également l’élection de 90 députés et celle de 28 représentants au Parlement centre-américain.

Il est à signaler, néanmoins, que le Nicaragua qui bénéficiait, par le passé, d’une importante aide financière de la part du Venezuela ne peut plus, désormais, compter sur un voisin empêtré dans une très grave crise politique et économique du fait de l’importante chute des prix du pétrole. Aussi, pour renforcer une popularité de plus en plus chancelante, le vieux Président a-t-il été contraint de multiplier les programmes sociaux en s’alliant au patronat. Mais l’issue du scrutin de ce dimanche, qui est connue de tous, risque aussi d’ébranler fortement un pays qui va voir «se tarir le robinet de l’aide internationale» puisque le Département d’Etat américain a appelé à la tenue d’élections «libres, justes et transparentes» et que le Congrès US entend, de son côté, mettre en œuvre le  «Nica Act», un projet de loi qui, en l’absence d’une réelle réforme démocratique au Nicaragua, escompte limiter les fonds octroyés au pays par les organismes internationaux.

Nabil El Bousaadi

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