Le talon d’Achille d’un essor certain

programme 2016/2022 de la mairie, pour concertation et élaboration inclusives.
L’originalité de cette démarche participative advient à un moment opportun, bien avant le déblocage du budget, pour impulser une métropole en nette reculade socioéconomique. Il était donc question d’exposer à l’imposant auditoire les axes fondateurs de cette ébauche, étalée sur les sept ans à venir. A n’en pas douter, il s’agit d’une réelle expansion, axée sur des projets stratégiques d’envergure, à même d’assurer des opportunités de développement économiques et technologiques.
Pour nombre d’observateurs, Agadir n’est plus un espace quelconque où on s’ingénie à bafouiller des rafistolages modestes, par-ci, par-là, sans effet saillant aussi bien sur la vie des citoyens que sur l’impact de la cité. Bien au contraire, tout le monde s’attend à une véritable ébullition, en termes de structures d’accueil de taille, susceptibles de redynamiser son potentiel intrinsèque.
Il va sans dire qu’une éruption de cette ampleur ne pourrait se suffire du budget communal qui ne dépasse guère 466 millions de dirhams dont le volet fonctionnement s’accapare 90%. Il serait alors illusoire de prétendre tonifier une agglomération satellitaire et vivifier ses énormes atouts, en matière de projets structurants de bellefacture.
Il est bien vrai que des impôts de  plus de 322 millions de dirhams ne sont pas encore récupérés par les perceptions communales, ce qui constitue une entrave criarde qui incombe tant aux mauvais payeurs qu’aux services municipaux concernés. Cependant, il s’avère également judicieux de procéder par une approche rationnelle afin de mettre en avant les priorités d’une ville-phare, en constant repli, s’agissant des aspects névralgiques de l’économie.
Ceci étant, il serait loisible, comme l’avait bien rappelé le maire de la ville, au préambule de son esquisse programmatique, d’avancer que l’Etat, dans les conditions actuelles, se devrait d’intervenir en vue de doter la première station balnéaire du royaume de ce haut standing, à l’instar de nombre de villes du pays. Le budget colossal dont ces dernières jouissent fait bien honneur à un pays, en parfaite voie d’émergence, mais suscite pareillement, un sentiment de dépossession auprès d’un sérieux candidat à l’envol, tel Agadir. D’aucuns s’interrogeraient sur cette « exclusion » inconcevable, d’autant plus que sa reconstruction, après le sinistre cataclysme d’il y a près de six décennies, était entourée, de bout en bout, d’égard royal.
Il est bien évident que l’essor escompté d’une telle ville en pleine effervescence proviendrait des budgets de la commune, du conseil de la région, des multiples partenaires, mais, à coup sûr, de la bonne gouvernance de tous ces fonds. Toutefois, le budget de l’Etat octroyé suivant une vision stratégique de relance et d’impact, est, par-dessus tout, le talon d’Achille de cette éclosion explosive.

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