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La persistance de la hausse des températures en début de cet automne semble avoir des conséquences sur le réchauffement des esprits. Les langues se délient et la polémique gonfle. Prémisses d’une campagne électorale en gestation ou continuité d’une autre qui ne s’est jamais terminée dans l’esprit de protagonistes qui ont la charge de gouverner ensemble.

Et pourtant il suffit de lire le rapport pour 2017 du Conseil Economique, Social et Environnemental pour avoir la tête froide et assumer ce qui doit l’être envers la situation économique, sociale et environnementale du pays. Il y a tellement de choses à faire pour améliorer la situation et répondre aux aspirations légitimes de la population que de perdre son temps dans des disputes inutiles.

Notre beau pays a besoin d’avancer avec plus de progrès et de réalisations dans tous les domaines. L’évaluation des politiques menées doit être objective et efficiente. Le CESE prône «la mise en place d’une entité indépendante, chargée de l’évaluation Ex-ante et Ex-post des politiques et des investissements publics». Qu’en pensent nos politiques de cette suggestion ? Une structure de plus, au risque d’être un doublon, ou une approche plus sereine pour relever les déficiences, les faiblesses et les dysfonctionnements. Serait-elle consultative ou ses conclusions devront être prises en considération dans la mise en œuvre des politiques?

Pour booster notre export il est impératif d’améliorer la qualité des produits et de renforcer la compétitivité pour mieux exporter vers le marché-cible. Cela ne voudra pas dire que le marché intérieur sera pourvu en produits de moindre qualité et deviendrait le solde de l’exportation. La partie de la population en ascension sociale pourrait en souffrir dans son égo et dans son corps. Son endettement pourra en subir la conséquence pour s’aggraver; alors qu’elle s’écroule déjà sous le poids des dépenses inhérentes à l’éducation de sa progéniture, aux soins de ses bobos au quotidien, au logement et au coût de son niveau de vie qui ne cesse d’augmenter. Bien sûr, il y a le crédit bancaire pour que le ménage tienne la route.

Cela renforcera la bonne santé du secteur bancaire national dont la vigilance ne devra pas faire défaut envers «une classe moyenne africaine qui demeure fragile». Il faut dire que les banques marocaines se sont aguerries en interne avec leurs ouailles pour en tirer l’expérience nécessaire à ne pas se trouver dans les risques encourus.

Créer de la valeur, créer de la richesse est tout d’abord une affaire de capital humain. Le constat est dur et le rapport insiste sur la nécessité d’améliorer son degré de qualification et bien plus, pour que l’ensemble des activités réponde à l’ambition d’améliorer le classement du Maroc à travers les grilles où notre position n’est pas des meilleures.

Les déficits en gouvernance, les dysfonctionnements qui relèvent du management doivent être corrigés pour que la machine tourne au mieux et surtout «pour rétablir la confiance du citoyen dans la capacité des institutions et des politiques publiques à résorber les inégalités».

La promotion de l’égalité de genre effective tarde alors que la discrimination à l’encontre de la femme continue. L’image négative de la femme persiste dans la société et son dépassement nécessite une accélération de la mise en œuvre des politiques publiques dans ce domaine. Comme par ailleurs, le rôle de l’école est fondamental à ce propos. Une réforme audacieuse et effective de celle-ci s’impose!

Comment ne pas affaiblir les syndicats, encourager l’emploi, protéger le consommateur, établir une politique de concurrence effective, pratiquer une fiscalité équitable et promouvoir une plus grande implication dans la vie politique ? Cela relève de l’ensemble des acteurs politiques qui doivent insuffler une relance au processus démocratique par l’enrichissement du débat, un comportement digne et responsable et la promotion d’un consensus fort.

La durabilité ne concerne pas seulement l’environnement elle se retrouve comme condition pour toute activité qui intéresse la cohésion sociale, l’émergence économique, le bienêtre et la justice sociale et la fierté d’appartenir à ce beau pays.

Le rapport 2017 du CESE est arrivé ! A tout un chacun d’assumer la part qui lui revient dans l’édification du Maroc moderne et démocratique auquel tous on aspire.

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