Les autorités en guerre contre les tags des Ultras

Oussama Zidouhia

L’art urbain sans l’autorisation du propriétaire du support pour des biens privés ou auprès des autorités pour les biens publics est illégale. Son application sur des biens appartenant à autrui sans consentement de ce dernier est considérée comme une destruction ou une dégradation de ceux-ci.

Un peu partout à Casablanca, on retrouve les traces des Ultras qui utilisent ce qu’on appelle l’art urbain ou le street art pour mettre en avant leurs créations et par la même occasion pour revendiquer leurs appartenances, que ce soit sous forme de tags ou de graffitis. Une forme d’expression artistique qui dérange.

En effet, les autorités marocaines ont lancé une campagne pour enlever les tags des murs de la capitale économique, allant jusqu’à repeindre les façades en blanc, et ceci durant la nuit, afin d’éviter toutes altercations avec les différents fans des clubs casablancais. Les surfaces couvertes peuvent être traitées de différentes manières avec des outils jet d’eau à forte pression, jet de sable, l’hydrogommage…

Dans les cas des rues de Casablanca, les tags des Ultras sont simplement recouverts à la peinture, sans chercher à retrouver l’aspect d’origine du mur, en partant du principe qu’un lieu où les graffitis ne restent pas longtemps décourage les graffeurs.

Adil, père de famille habitant à Bouchentouf (Derb Sultan), quartier dans lequel on retrouve plusieurs fresques murales, s’est montré compréhensif concernant la décision des autorités de repeindre les façades: « Les tags sur les murs sont certes beaux à voir, mais d’un autre côté, je déplore les réactions de certains supporters rival qui n’hésitent pas à vandaliser les murs en écrivant des insultes, ce qui dérange quand nous avons des enfants qui jouent dehors à longueur de journée et qui risquent d’être influencé négativement par le non-respect de l’art».

Cependant, le principal problème avec cette forme d’expression artistique reste le vandalisme qui entache l’image des supporters des deux frères ennemis, le Raja et le Wydad, et qui peut provoquer des tensions entre eux.

Il faut garder en tête que la violence n’est pas le but du mouvement ultra à travers le monde, même si la passion et le dévouement de ses membres peuvent les pousser à avoir recours à l’affrontement physique avec les forces de l’ordre ou les supporters de l’équipe adverse.

Les mouvements ultras font partie de la culture underground du Maroc, ce sont des artistes incompris qui souffrent également d’une fausse réputation répandue un peu partout à leur encontre. Au Maroc, les tags sont interdits par la loi sauf dans les espaces prévus à cet effet ou avec une autorisation spéciale, afin d’éviter de salir les murs de la ville, les devantures des magasins, les portes des maisons ainsi que d’autres infrastructures et mobilier urbain.

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