Les déchéances halieutiques!

Après la Charte nationale de l’éducation nationale, le plan Azur du tourisme, le plan Emergence de l’industrie, le plan vert de l’agriculture, celui de la pêche a également accosté dans les quais. La politique des plans économiques s’est instaurée de nouveau, en force, dans notre pays, après les triennaux et les quinquennaux mis en œuvre, il y a quelques années. Il est bien évident que l’ébauche de moyen et long terme s’applique à diagnostiquer, décortiquer et prévoir les projets de développement réels et réalisables.

Pour ce qui est des métiers de la pêche, la mise en pratique de la stratégie nationale Halieutis se veut novatrice et détentrice de réformes substantielles, à tous les niveaux du secteur. Sans chercher à polémiquer sur la caducité du cadre proposé ou encore sur le traitement réducteur exercé sur nombre de professionnels, le plan Halieutis est maintenant mis à l’épreuve, soumis à l’étude et l’application. Il s’articule, rappelons-le, autour de trois fondements matrices à savoir la durabilité, la performance et la compétitivité, avec les mesures accompagnatrices et les outils-clés de leur concrétisation.

A chacun d’en tirer les conclusions qui s’imposent après son adoption, car il importe peu de camper sur des critiques à son égard, maintenant qu’il s’introduit dans la phase de l’opérationnalité. Si le projet s’avère globalisant et annonciateur de possibilités immenses d’aller de l’avant, force est de constater que la promotion du secteur est tributaire d’un engagement fort en termes d’assainissement de ses rouages fort déficients.

On conviendra, dans ce sens, que la ressource de qualité est quasiment concentrée dans le large des provinces sahariennes récupérées. Ces régions du sud, riches en matières premières, connaissent certes un essor socioéconomique ascendant, mais n’empêche que le conflit artificiel vilement orchestré par la junte algérienne fait également concentrer nos vaillantes forces militaires sur tous les points frontaliers pour préserver nos territoires de toute éventuelle invasion ou spoliation. Les espaces maritimes sont également sous leur protection et c’est là où le bât blesse, en conséquence.

 Des barons de la pêche ont alors l’habitude de ramener des captures porteuses, dans les zones interdites, avec la complicité de ceux qui sont censés veiller à la sauvegarde des ressources halieutiques, à l’aide de leurs moyens de contrôle sophistiqués.

Le gros marché de poisson se fait alors à ce niveau au grand jour et tout le monde y trouve son compte, hormis bien évidemment, l’immunité des caisses de l’Etat amoindrie par les détournements et l’équité des pratiques maritimes décapitée par le monopole.

On a donc beau peaufiner les stratégies halieutiques les plus ambitieuses qui soient, on ne saura jamais prétendre faire avancer la machine du secteur de la pêche à plein régime, alors que des hémorragies assassines proviennent du sud, là où la loi de l’hégémonie règne toujours. Il est vrai qu’il est ardu de démanteler ces réseaux illicites qui s’immiscent dans un butin maritime juteux car il est question de gros bonnets de la hiérarchie militaire. Cependant, la mise en fonction saine et performante de la stratégie des pêches maritimes repose inéluctablement sur le nettoyage des eaux du sud de ces prédateurs.

Une démarche qui nécessite, à coup sûr, beaucoup de courage et de civisme. Il y va de l’intérêt du Maroc, de la démocratie, de la modernité et du progrès.

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