L’informel qui interpelle

Le constat est hallucinant. Environ 4.3 millions de ménages marocains vivent dans l’informel. Sur ce total, 2.3 millions de familles bénéficient du Régime d’Assistance Médicale «RAMED» et 2 millions d’autres ne disposent pas de cette carte (non-ramedistes).

Ces statistiques ont été rendues publiques lundi par le ministre de l’Économie, des finances et de la réforme de l’administration, Mohamed Benchaâboun, dans sa réponse à une question orale consacrée aux «mesures financières et économiques prises pour faire face à la crise du Covid-19» à la Chambre des représentants du parlement. Les familles concernées, ayant bénéficié d’une aide variant entre 800 et 1200 dirhams, sont composées de deux à plus de quatre membres.

C’est dire qu’il s’agit d’une population de plus de seize millions de personnes, en prenant la moyenne de quatre membres par famille. Si l’on ajoute à ce nombre, les 800.000 salariés déclarés à la caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), ayant perdu leur emploi à cause du nouveau coronavirus, et qui ont bénéficié d’une indemnité forfaitaire de 2000 dirhams, on conclut que presque dix-sept millions de personnes marocaines vivent dans la précarité. Ces chiffres montrent que plus de la moitié de la population exerce dans l’informel et sa situation demeure précaire.

L’ampleur de cette précarité a été mise à nu aujourd’hui par la crise pandémique du nouveau coronavirus Covid-19. D’ailleurs dès les premiers jours de la crise, des familles nombreuses et des personnes seules étaient montées au créneau pour faire entendre leur voix, demandant l’aide à l’Etat.

Les autorités compétentes ont fait preuve de réactivité en créant rapidement le Fonds spécial dédié à la gestion de la crise du Covid-19, en l’alimentant à coup de milliards de dirhams et en activant rapidement les opérations de distribution d’aides financières directes à grande échelle, dans le milieu urbain et dans le monde rural.

Aujourd’hui, cette base de données montrant l’ampleur de la précarité devait être analysée et profondément étudiée pour servir de base à une stratégie pour combattre le mal à la racine.

B. Amenzou

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