Meknès: Forums des débats thématiques du PPS

Appel à la promulgation de la loi régissant l’économie sociale et solidaire

L’économie sociale et solidaire constitue un fort levier de développement économique voire une entrée principale pour instaurer une société juste et équitable, ont souligné les participants à la rencontre organisée samedi dernier à Meknès dans le cadre des forums des débats thématiques initiés par le Parti du progrès et du socialisme (PPS).

Nadia Touhami, membre du BP du PPS et membre du Conseil de la région Rabat-Salé- Kénitra, qui a assuré la modération, a tenu à rappeler que cette rencontre s’inscrit dans le cadre des forums des débats thématiques  initiés par le PPS depuis son  10 e Congrès national, en  interaction avec l’appel contenu dans les discours de SM le Roi à l’ensemble des institution, afin de reconsidérer notre modèle de développement pour le mettre en phase avec les évolutions que connaît le pays.

Pour un développement inclusif

Premier à prendre la parole, Abdelghani Bouayad, doyen de la FSJES-Meknès, a souligné que l’économie sociale et solidaire  constitue une excellente opportunité à saisir.  Pour le professeur d’économie, ce secteur, basé sur l’utilité sociale, a connu un succès auprès des populations urbaines er rurales en contribuant à la création des emplois. Mais cela n’est pas suffisant, au regard des chiffres du chômage qui sont d’ailleurs monstrueux, a-t-il laissé entendre.

Ainsi, il a  appelé à la mise en place des solutions efficientes pour booster davantage ce secteur vital pour le développement de la société tout en mettant en garde contre la situation précaire à laquelle se sont confrontées plusieurs familles marocaines et qui ont besoin d’un revenu stable pour faire face à la marginalisation et la pauvreté. Une situation due essentiellement à la faiblesse et au manque d’efficacité de l’économie nationale dans l’état actuel, a-t-il indiqué.  Pour faire face à une telle situation, l’intervenant a mis l’accent sur l’importance de la mise en place des mécanismes permettent le suivi et l’accompagnement des associations au vu des potentialités dont dispose ce secteur.

Abondant dans le même ordre d’idées, le conférencier s’est attelé, par ailleurs, à décortiquer les obstacles qui entravent le développement de ce créneau, notamment l’absence d’espaces d’expositions des produits aussi bien au niveau local, national, qu’international, en se contentant seulement de l’organisation d’espaces d’exposition saisonnière qui sont mal exploités, a-t-il affirmé.

Et d’ajouter, il est vrai  que le pays a franchi un pallier dans sa lutte contre le chômage, passant de 116.000 postes d’emplois  en 2014 à 130.000 en 2016, toutefois, les résultats pourraient être meilleurs si l’on avait procédé à l’élaboration d’un modèle économique plus durable et plus inclusif.

Absence de visions

Hajib El Kasmi, professeur à l’Ecole nationale d’Agriculture de Meknès, a indiqué de son côté que le monde rural a fortement besoin d’une économie sociale et solidaire. D’ailleurs, a-t-il précisé, l’Etat a fait preuve d’une grande conscience du rôle central de la société civile dans le développement des économies locales,  parallèlement à l’économie nationale, et ce en procédant à la promulgation de la loi régissant les coopératives de 1958 et aussi  comme en témoigne aussi les différents discours royaux allant dans ce sens.

Le chercheur universitaire a, en outre, insisté sur l’importance de nouvelles visions pour l’élaboration d’un nouveau modèle de développement , capable de répondre aux défis de la mondialisation et au diktat de l’économie du marché en ayant comme référentiel les objectifs fixés par l’Agenda 2030 de développement durable établi par l’ONU.

Hajib El Kasmi s’est, par ailleurs, interrogé sur les stratégies alternatives et la démarche que doivent adopter les artisans des politiques publiques pour se conformer aux objectifs onusiens…

En plus, le conférencier a mis en exergue les difficultés entravant l’ancrage de l’économie solidaire aussi bien au niveau provincial que régional, à savoir l’absence de visions claires et spécifiques portant sur le développement durable, l’inefficacité de l’action collective, la faiblesse  de communication entre les associations et le gouvernement et le manque des cadres de la société civile spécialisés dans ce domaine.

En plus de cela, l’intervenant a évoqué la contrainte juridique empêchant le renforcement de secteur tout en soulignant la nécessité d’identifier les institutions opérant  dans ce domaine et la mise en place des outils permettant de résoudre le problème des actifs de la coopération après sa dissolution et l’élaboration des programmes de formation au profit des associations.

De plus, il a appelé à établir un diagnostic de la chaine de valeur de ce secteur  dans un cadre transparent et clair pour en tirer les leçons qui s’imposent.

Et ce n’est pas tout. Le professeur a appelé également à la création des chambres consacrées à l’économie solidaire à l’instar des chambres de l’industrie artisanale ou agricole, sans omettre la création des observatoires régionaux indépendants , chargés du suivi et de l’évaluation. La promotion de ce secteur requiert, avant tout, une certaine interactivité des acteurs de la société civile, des partis politiques qui devraient poursuivre les efforts de plaidoyer pour la promulgation d’une loi portant sur ce secteur, a-t-il martelé.

Régression de la loi

De son côté, Mounir El Ghazoui, vice-président du Réseau marocain de l’économie sociale et solidaire, a considéré que le développement de ce secteur, qui offre de multiples alternatives,  demeure une condition sine qua non pour l’élaboration d’un nouveau modèle de développement. Le but escompté, a-t-il affirmé, est celui de l’instauration d’une société basée sur les valeurs de la dignité, la justice sociale, la dignité et le respect des droits de l’Homme.

Pour l’intervenant, l’économie solidaire se base sur trois principes, à savoir la transparence, la reddition des comptes et l’engagement.

Le militant associatif a ainsi invité les décideurs à réfléchir sur les moyens susceptibles de donner un coup de pouce à ce secteur, qui manque d’une vision homogène et transparente et des fonds d’investissement suffisants en comparaison avec d’autres Etats tout en mettant en garde contre certaines pratiques archaïques visant à instrumentaliser les associations à des fins politiques ou servir des intérêts purement individuels.

Le conférencier  s’est interrogé ,en outre, sur le sort de la loi de l’économie solidaire et sociale et les défis qui se dressent devant sa promulgation et la mise en œuvre de ses dispositions tout en faisant allusion aux régressions enregistrés concernant la loi 112-12, notamment l’annulation des les indemnités fiscales accordés aux associations .

Notons, enfin, que le débat a été marqué  par l’intervention de Fatima Zahra Barassat, députée du PPS, qui a souligné, de son côté, que tous les acteurs sont responsables de la mise en œuvre de la stratégie de l’économie sociale et solidaire, en bonne adaptation avec le chantier de la régionalisation avancée.

Khalid Darfaf

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