Passion ou scolarité, quand il faut faire le choix d’avenir

Par: Karim Kharbach

Carrière sportive ou parcours scolaire !!! Un choix que tout jeune sportif doit affronter afin de poursuivre son chemin vers un avenir brillant dans les cieux de l’excellence estudiantine ou la notoriété sportive, mais rares sont ceux qui ont su combiner entre les deux.

Le sujet a toujours fait débat, fait couler beaucoup d’encre et attirer l’attention, surtout des parents, des spécialistes, des académiques, des coachs… La carrière d’un sportif commence dès son plus jeune âge, la plupart du temps à partir de 10 ans, parcourant toutes les catégories d’évolution d’un athlète. Au cours desquelles il est obligé de combiner entre ses études et son sport favori. Une tâche pas aussi simple qu’elle ne le paraît, en raison des différentes contraintes qui lui font obstacles.

Le sport n’est pas seulement une activité physique qui se base sur les muscles et la force, mais aussi une passion et un métier qui nécessitent de la réflexion et qui regroupent plusieurs autres domaines. Ainsi, un sportif n’ayant pas réussi sa carrière sportive peut toutefois choisir d’exercer un métier lié au sport ; le management, l’analyse, la médecine, la psychologie, la physiologie, la presse… et même le coaching sans pour autant être un grand athlète.

«Partir en France pour terminer mes études n’était pas un rêve d’enfant. Par contre être un footballeur professionnel l’était. Avec le temps et beaucoup de réflexion, j’ai décidé de plier mes bagages pour rejoindre la faculté des sciences de sport à Nice, spécialité Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives (STAPS), afin de pouvoir exercer ma passion tout en étudiant», a confié à la MAP Iliyass El Azzaoui, footballeur, qui a choisi de poursuivre ses études en France sans se détacher de sa passion.

Iliyass a commencé son parcours sportif chez les pépites du Raja de Beni-Mellal à l’âge de 11 ans, puis les U14 de la Jeunesse Sportive de Kasbat Tadla, avant d’attirer l’attention de l’Académie Mohammed VI à l’âge de 16 ans et revenir un an après à son club d’origine.

Le jeune prodige, qui a joué à l’âge de 17 ans pour la catégorie des espoirs U21 du Raja de Beni-Mellal, n’a cessé d’impressionner son entourage et surtout l’entraîneur de l’équipe A qui lui a fait confiance et l’a convoqué pour s’entraîner et jouer avec les séniors.

«J’étais fier d’être le joueur le plus jeune du championnat ayant participé à deux matches officiels et 5 matches amicaux», a déclaré Iliyass, qui a disputé des matches de la Botola Pro D1 dès l’âge de 18 ans.

Bon élève à l’école, Iliyass, natif de Beni-Mellal, essayait toujours de gérer sa carrière sportive en parallèle avec son parcours scolaire. Il galopait à pas sûrs dans ses études, choisissant un parcours scientifique, chevauchant entre les sciences expérimentales et les sciences maths avant de décrocher un baccalauréat en sciences physiques et chimie avec mention bien.

«J’ai décidé de poursuivre mes études parce qu’ils sont, tout simplement, la clé pour avoir un avenir garanti», a confirmé Iliyass, avant d’ajouter «Je suis en première année STAPS à la faculté des sciences et du sport, j’ai choisi cette branche car elle me permettra d’atteindre mes objectifs».

Faire carrière sportive n’a jamais été un rêve légal, ou du moins une option possible chez un adolescent, qui devait faire face à plusieurs contraintes. L’accord des parents en est la première, cela non pas par pur égoïsme mais de peur que leur enfant abandonne ses études et rate son avenir.

D’autres obstacles, d’ordre logistique, technique et d’orientation, font que plusieurs jeunes quittent le terrain sportif pour aménager leur temps pour les matières scolaires. Tout simplement, parce qu’ils ont du mal à se déplacer de leurs domiciles, trois à quatre fois par semaine, aux sites d’entraînements, surtout avec un emploi du temps scolaire chargé qui ne le permet pas.

Même chez un sportif prometteur, jouer au football au niveau professionnel n’était jamais une alternative assurée au Maroc. Un joueur est toujours confronté à la blessure, aux changements de clubs ou tout simplement aux choix tactiques des entraîneurs, qui peuvent chambouler sa carrière.

El Azzaoui, qui a déjà passé une belle expérience à l’Académie Mohammed VI, a exprimé son souhait de voir plus de centres de formation, de la même qualité, au Maroc qui encouragent et améliorent les compétences sportives et éducatives des jeunes. Ce qui les encouragerait à rester dans leurs pays d’origine pour continuer à jouer au football et poursuivre leurs études au lieu de partir à l’étranger.

Exprimant son amertume de devoir quitter son pays et surtout son rêve d’être un footballeur professionnel, du moins pour l’instant, Iliyass recommande aux jeunes passionnés de football de travailler dur et sans relâche afin de réaliser leurs rêves, et surtout se concentrer sur leurs objectifs, malgré les obstacles qu’ils peuvent rencontrer.

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