Pays-Bas : Khadija Arib accède au perchoir

C’est par une salve d’applaudissements que les 150 députés de la deuxième chambre du parlement néerlandais (Tweed Kamer) ont accueilli l’élection, mercredi soir, de Khadija Arib, la cheville ouvrière marocaine du parti travailliste néerlandais, portée au perchoir de cette institution législative par une majorité de 83 voix contre 53 voix pour son rival Ton Eliasn du parti libéral (VVD).
Deux autres députés étaient en course pour la présidence de la deuxième chambre, à savoir Martin Bosma du parti pour la liberté (PVV/extrême-droite) et Madeleine van Toorenburg de Appel Chrétien Démocrate (CDA).
Cette élection, qui s’ajoute à un riche parcours de cette militante politique et associative, n’a pas été facile dans un contexte marqué par la montée de la xénophobie, suite à une multitude d’événements auxquels sont associés, à tort ou à raison, des européens d’origine étrangère.
La réaction de l’opposition radicale ne s’est d’ailleurs pas faite attendre. Elle a qualifié de précédent dangereux cette élection pour l’avenir du pays, estimant que la double nationalité de la nouvelle présidente pose le problème de la loyauté.
Mais pour Khadija Arib ni cette critique, ni le prestige de la fonction ne la découragera pour assumer cette haute charge. Elle, qui avait assuré avec brio la présidence par intérim de cette institution depuis la démission le 12 décembre dernier d’Anouchka van Miltenburg, sur fond d’une affaire liée à l’accord conclu par un membre du parti libéral avec un baron de la drogue en 2011.
Dans sa première réaction après son élection, elle s’est dite ‘très honorée » par la confiance de ses collègues et a exprimé son engagement à ne ménager aucun effort pour aller de l’avant dans le travail de l’institution parlementaire.
«Je ferai tout mon possible pour donner à cette chambre un souffle et un dynamisme nouveaux», a-t-elle promis dans sa déclaration à l’issue de son élection.
Elle a souligné qu’elle sera la présidente de cette institution au service de tous les partis politiques, y compris le PVV qui a mené une campagne contre elle.
Elle a également affirmé sa disposition à œuvrer au renforcement de l’action de la chambre à l’occasion de la présidence par les Pays Bas du Conseil de l’Union européenne.
Khadija Arib n’a pas caché sa joie d’être élue première femme marocaine à la tête de cette institution législative.
«Je suis fière et heureuse et j’espère être à la hauteur de cette confiance», s’est-elle réjouie dans une déclaration.
Née en 1960 à Hedami dans la région de Settat, Khadija Arib a quitté le Maroc vers la fin des années 1970 pour s’installer à Amsterdam.
Députée depuis 1998 pour le Parti travailliste néerlandais (PvdA), Khadija Arib est diplômée de sociologie de l’université d’Amsterdam. Elle a également exercé ses fonctions académiques au sein de l’Institut d’études économiques et sociales relevant de l’Université Erasmus de Rotterdam.
Sa carrière politique a également été marquée par son passage en tant qu’élue communale de la municipalité d’Amsterdam et auparavant actrice associative rompue à la défense de la cause de la femme.

Adil Zaari Jabiri

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