Populisme … non populaire

Dans sa tête, plus cubique que jamais, il voulait un discours vrai. Une phraséologie qui emportera la conviction, loin de la langue de bois qu’il utilise pour commenter l’action gouvernementale ; même si, dans son for intérieur, il doit en avoir à dire. Comment parler sans être opaque? C’est ainsi que la gueulante «biliki» a fait le buzz.

Un buzz contre celui qui prenait la défense du parlementaire avec des arguments qu’il voulait non populistes ; alors que la chaleur communicative aidant, son discours fût un ratage par les mots utilisés, la harangue exprimée et les preuves avancées. Il croyait qu’il s’adressait à ses ouailles bien dressées alors que l’ensemble de la population allait l’entendre.

Argotant pour bien se faire comprendre, il montrait combien il méprisait ce peuple qui ne veut plus de ce genre de politique. Se prenant pour le seul compétent pour dire les choses telles qu’elles devraient l’être à son sens, il use d’un faux savoir en gesticulant et en citant, à tout va pour «noyer le poisson», une série de fonctionnaires de l’Etat. L’amalgame est ainsi patent en confondant indemnités et appointements. Il aurait été bien plus inspiré en parlant des inégalités salariales qui sont enregistrées aussi bien dans la fonction publique que dans le privé.

Evitant de le dire de go, le faiseur malheureux de buzz envoie ses critiques d’une manière indirecte, sans la nommer, à la Commission Spéciale sur le modèle de développement pour avoir audité certains usagers des réseaux sociaux, blogueurs et/ou influenceurs. Méprise sur la gestion anticipée de la comm. de la CSMD et méprise sur ce nouveau lien social dont l’audience ne cesse d’augmenter et dont certaines cohortes FM ne cessent de monter au créneau quand il s’agit de défendre l’ordre qui plait au parlementaire cumulateur de mandats et d’indemnités.

Le cumul des indemnités est un véritable problème, comme celui des cumuls des mandats. On ne peut dépasser ni l’un ni l’autre en arguant que d’autres vaquent à leur travail pour gagner leur pain alors que l’intéressé n’a que cela pour subvenir à ses besoins. Quelle valeur de la représentativité d’un parlementaire donne-t-il quand il est assimilé à un apparatchik professionnel de la politique ? Un mandat électoral est différend d’un contrat de travail serait-il à durée déterminée. Bien mal acquis ne profite jamais!

Et que vient faire ce comportement où la générosité du loup est en question. Les lycanthropes sont-ils à Rabat, à Fès, à Casablanca, à Marrakech … et hurlent-ils pour étouffer la transformation démocratique de la société ? Se gorgeant de la rente, ils oublient leur créateur!

A quelques jours du tollé précédent un autre discours est venu nous prendre l’ouïe. Concernant la loi des finances projetée, il est plus savant et veut se raccrocher aux faits conséquents de la crise sanitaire. Il use, à raison, et abuse, à tort, de la solidarité nationale sans se soucier de la réalité fiscale inégalitaire que subit la population. Evitant le populisme par son approche, Il est non populaire par ses propositions qui relèvent du «réchauffé» de classe. On retorquera qu’il ne cherche pas à l’être. C’est son incommensurable défaut alors qu’il en a l’occasion de l’être en traduisant la volonté royale «d’œuvrer concomitamment, à la stimulation de l’activité économique et au renforcement de la protection sociale».

Ce gouvernement ne peut donner ce qu’il ne possède pas, redonner confiance, consolider la cohésion sociale, mobiliser et insuffler l’enthousiasme…

Le désordre économique ne peut être résorbé en aggravant la pesanteur du quotidien sur les ménages des salariés et des fonctionnaires soumis au prélèvement à la source. Il ne s’agit plus de solidarité quand il s’agit de faire supporter le fardeau par ceux qui sont déjà accablés par l’injustice fiscale; alors qu’il est allégé pour ceux qui engrangent depuis longtemps des bénéfices fort confortables; et parfois d’une manière contestée. Non populaire et procédant d’une continuité fiscale obsolète, cette mesure inique ne cadre pas avec la volonté de réforme maintes fois affirmée à ce sujet.

Le populisme tue la politique, autant que les mesures non populaires. Notre beau pays mérite mieux que subir un buzz «biliki» par un «dibchkhi» tenant du populisme, et que ses classes laborieuses se fassent user par une mesure non populaire.

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