PPS: l’opposition pour l’édification d’une alternative démocratique

Le parti du progrès et du socialisme (PPS) change, certes, de positionnement par rapport au gouvernement, en se positionnant dans l’opposition, mais reste toujours fidèle à ses références, son idéologie et son combat pour la consolidation de l’édifice démocratique. C’est dans cet esprit qu’une rencontre a été organisée, jeudi, au siège régional du parti à Casablanca, sous le thème «l’opposition et l’édification de l’alternative démocratique».

Lors de cette rencontre, Ahmed Zaki, membre du bureau politique du PPS, a passé en revue la trajectoire politique du parti, ses positions et ses luttes pour asseoir plus de justice sociale et concrétiser plus de démocratie et du progrès. De l’appel du parti à la lutte armée contre le colonialisme jusqu’à sa participation au gouvernement de Benkirane en 2011 dans le but de concrétiser la teneur de la nouvelle constitution, en passant par les étapes des années de plomb avant d’arriver à l’alternance en 1998, le parti du progrès et du socialisme, souligne Ahmed Zaki, a toujours œuvré pour asseoir les fondements d’un Etat de droit et des libertés, d’égalité, de démocratie, du progrès et de justice sociale.

Et c’est pratiquement dans ce sens qu’il avait répondu favorablement à la proposition du parti de justice et de développement (PJD) en 2011 pour prendre part au gouvernement. Le souci du PPS, précise l’intervenant, était motivé par l’optimisme des nouvelles dispositions constitutionnelles, apportées par la Loi fondamentale, et la volonté de concrétiser d’une manière saine et démocratique cette constitution. Fidèle à ses principes et ne reculant pas devant les manœuvres qui le ciblaient pour l’affaiblir, le parti est resté souverain dans ses décisions même dans des conjonctures extrêmement difficiles. Son objectif est d’œuvrer pour le renforcement de l’édifice démocratique comme l’annonçait la constitution de 2011.

Le choix politique effectué à cette époque et le principe de souveraineté, sur lequel le PPS est toujours intraitable dans un paysage politique biaisé et éclaté, fait remarquer Ahmed Zaki, allaient embarrasser certaines parties et attiser la colère d’autres. Le poids que fait le poids politique du parti et sa souveraineté n’étaient pas vus d’un bon œil par ces parties. Mais, le PPS, qui a forgé son identité et ses références sur le terrain et dans les luttes, n’a pas trébuché sur cette pente sinueuse. Il a poursuivi sa trajectoire politique dans le navire gouvernemental dans l’espoir de mieux réformer de l’intérieur, honorer ses engagements dans le cadre de son alliance et servir la société.

Sur ce registre, le parti a servi la nation et a fortement contribué aux avancées démocratiques qu’il entend toujours consolider. L’expérience gouvernementale dans sa configuration après la constitution de 2011, indique Ahmed Zaki, devait s’achever à la fin du mandat, en 2016, mais l’engagement du parti dans son alliance avec le parti qui chapeautait la majorité a dicté la conduite d’y rester dans l’espoir de voir les réformes démocratiques se concrétiser. Et l’intervenant d’ajouter qu’après le virage du blocage et les coups successifs ayant ciblé le parti ainsi que le manque de visibilité pour concrétiser les réformes pour lesquelles le PPS s’était engagé, il s’est avéré nécessaire de changer de camp, en ralliant l’opposition.

Ecoute politique

Le choix a été dicté par la conviction du parti, qui est souverain dans ses décisions, que le chantier des réformes n’avançait pas. Ainsi, résume Ahmed Zaki, la voie de la rente a montré ses limites et ses défaillances et celle de l’islam politique s’est avérée sans issue. Dans les deux cas, la roue démocratique risque de crever à tout moment. C’est pour cela que le parti du progrès et du socialisme prône aujourd’hui une troisième voie, celle de l’alternative démocratique au sens large du terme. Dans ce sens, explique l’intervenant, le combat devra porter sur la mise en œuvre saine et démocratique de la constitution pour mettre en œuvre ses avancées et baliser la voie à d’autres réformes qui cadrent avec l’esprit de cette Loi fondamentale et les engagements du royaume à l’échelle internationale. Pour ce faire, le membre du bureau politique a appelé les militants du Livre à investir tous les fronts pour sensibiliser les jeunes et les moins jeunes, à aller à la rencontre des différentes franges de la société, à écouter toutes les voix du peuple et à tenir un discours politique, en optant pour des stratégies discursives qui puisent dans la nappe des références du parti et de son histoire. Sur le plan de la communication, Ahmed Zaki a également interpellé les militantes et les militants à monter au créneau pour faire valoir l’éthos politique du parti et mettre en valeur toutes ses valeurs démocratiques et son éthique politique qui l’ont toujours distingué sur l’échiquier politique national. Pour ce faire, a-t-il souligné, des liens de proximité devaient être maintenus et entretenus avec la société, les réseaux sociaux devaient être exploités et alimentés en informations utiles et échanges fructueux afin de teinter du parfum du progrès cette fenêtre virtuelle sur le monde.  Saisissant cette rencontre tenue à Casablanca, le leader du parti a enfin appelé tous les militantes et les militantes de la région de Casablanca-Settat à se mobiliser pour réussir le congrès régional qu’organisera le parti ce samedi à Casablanca dans le cadre de sa nouvelle stratégie politique visant plus de proximité, d’écoute politique, d’échange avec la population pour baliser la voie à cette alternative démocratique. La couleur, rappelle Ahmed Zaki, a été annoncée de la ville d’Agadir par la réussite de la rencontre présidée, au lendemain du retrait du PPS du gouvernement, par le secrétaire général du parti, Mohamed Nabil Benabdallah, rencontre qui a été marquée par une forte présence de la population locale. Autant dire qu’il y a une attente politique de la population ennuyée par les promesses et la langue de bois.

Belkassem Amenzou

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