Quand le cinéma œuvre pour l’archivage et la sauvegarde de la culture sahraouie!

Le  cinéma travaillant sur la culture, l’histoire et l’espace sahraoui hassani a connu ces dernières années une évolution remarquable. En outre, trois films de long métrage documentaire à savoir «Ain  Abarbour» de Sidi Mohamed Fadel El Joumani, «Al Mikhyal» d’Ahmed Bouchalga et Bassiri, «L’acte perdu» de Loubna Lyounssi ont été en lice pour la compétition de la 2ème édition du festival national de film qui a eu lieu à Tanger.

«Les films documentaires intéressant et traitant l’espace sahraoui hassani  progressent au fils des années. On a vu des travaux intéressants lors de la 5ème édition Festival du film documentaire sur la culture, l’histoire et l’espace sahraoui hassani  à Laâyoune», nous indique le réalisateur Fadel El Joumani.

Ces films, a-t-il ajouté, jouent un rôle capital dans l’archivage et la documentation de la culture sahraouie qui est, selon lui, une culture orale. Aujourd’hui, une vague de jeunes réalisateurs, scénaristes et des techniciens  professionnels creusent dans l’identité,  l’histoire et la culture hassanies et sahraouies.

«J’ai entamé ma carrière cinématographique avec des courts métrages dans la catégorie du documentaire. Dans ce cadre, j’ai réalisé un film «l’écho de la voix » avec lequel j’ai participé à Washington aux États-Unis. Après j’ai commencé l’aventure de la réalisation de mon premier long métrage documentaire «Ain  Abarbour»  qui a été projeté en avant première au 21 FNF de Tanger. », nous confie Fadel El Joumani.

Selon lui, le FNF et le festival du film documentaire sur la culture, l’histoire et l’espace sahraoui hassani ; ce sont deux manifestations cinématographiques nationales phares où le public pourra découvrir toute la production nationale annuelle. En effet, la culture nationale avec sa diversité se dévoile, a-t-il ajouté,   à travers plusieurs films et thématiques où se croisent d’avantage les idées et les visions des réalisateurs. «C’est vrai, ce cinéma est dans ses débuts, mais je pense qu’il aura un avenir prometteur.», a-t-il affirmé.

Une mémoire orale…

Le travail sur un documentaire est un peu difficile surtout dans la région du Sud marocain parce que la culture et l’histoire sont orales. Pour Fadel El Joumani, même les livres et les manuscrits sont insuffisants voire rares pour le travail de la documentation. «Dans notre travail, nous essayons de contacter les gens surtout les maîtres qui ont gardé cette mémoire mais parfois  ils refusent d’être filmés. », a-t-il fait savoir.

Et d’ajouter : «Pour ce qui est de l’archive, j’ai fait un film sur la radio  de à Laâyoune, j’ai découvert que l’archive de cette radio depuis 1961 jusqu’à présent est disparu.  Par ailleurs, ces films documentaires font en même temps de l’archivage qui pourra servir aux chercheurs, au public et même aux réalisateurs».

Selon Ahmed Bouchalga, réalisateur du film «Al Mikhyal», le conte populaire est un patrimoine oral par excellence. Malheureusement, le bon nombre de gardiens de ce patrimoine sont morts, a-t-il regretté. «Certes, on a commencé la documentation et l’archivage de ce patrimoine un peu tard. Or, il faut rappeler que cette composante culturelle qu’on a aujourd’hui est largement suffisante pour faire de bons films réalisés par des réalisateurs professionnels et qui ont une vision et touche à la fois  artistique et esthétique.», souligne le jeune réalisateur dans une rencontre avec Al Bayane.

Selon lui, l’imaginaire marocain surtout hassani est un champ de recherche et d’inspiration fertile et riche regorgeant d’histoire et de poésie.

Le film «Al Mikhyal» vise à faire connaitre la culture et le patrimoine de l’espace sahraoui hassani. Ce documentaire met un éclairage sur les contes populaires et l’imaginaire chez les gens des provinces du Sud à traves des contes populaires. Auparavant, l’éducation et la transmission du savoir et des valeurs étaient à travers le conte populaire qui avait un rôle didactique, précise-t-il.

Appel à la création des instituts de cinéma dans les provinces du Sud…

Malheureusement, explique Fadel El Joumani, il n’y a pas d’instituts de cinéma dans les provinces du Sud, et ce domaine est encore nouveau pour les jeunes. «Nous avons besoin d’écoles dans le domaine du 7ème art. Le Sud marocain regorge de potentialités humaines, culturelles, artistiques et naturelles, et le cinéma devrait  profiter d’avantage de cette richesse pour mieux promouvoir la région sous toutes ses facettes parce que l’image voyage à travers le monde», a-t-il souligné. D’après lui, nous avons plus que jamais d’une industrie cinématographique capable de véhiculer la culture sahraouie dans les quatre coins du monde et non seulement au Maroc.

Pour le réalisateur d’Ain  Abarbour, la culture marocaine est une culture riche et diversifiée et surtout ancrée dans l’Histoire humaine, mais  la plupart du temps nos réalisateurs laissent à part notre culture en invertissant dans la culture de l’autre qui n’est pas, selon ses dires,  la vraie culture de la société marocaine. «Il faut creuser dans l’originalité que nous avons au Maroc notamment dans notre culture, notre manière de voir le monde et les choses.  On a beaucoup de choses à dire et à monter au monde», conclut-il.

Mohamed Nait Youssef

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