Qu’en est-il de l’ETA après la Conférence de Cambo-les-Bains?

Après avoir renoncé à la violence en 2011, rendu les armes le 8 Avril 2017 et annoncé sa dissolution une année après soit le 3 Mai 2018, l’ETA a donné ce vendredi 4 Mai 2018, près de soixante années après sa création en Juillet 1959 à Bilbao, une conférence à Cambo-les-Bains dans les Pyrénées Atlantiques pour confirmer, s’il en est encore besoin, sa dissolution effective  telle que lue la veille à Genève par un de ses dirigeants et  «avancer dans la résolution du conflit au Pays basque».

Dans une lettre adressée aux participants, Kofi Annan, l’ancien Secrétaire Général de l’Organisation des Nations-Unies, considère que la déclaration faite par l’ETA met fin aux difficultés rencontrés par l’Espagne. Rappelant, par ailleurs, que «le dialogue politique est durable», l’ancien dirigeant onusien reconnait, tout de même, «qu’il reste beaucoup à faire pour guérir les blessures».

Gerry Adams, l’ancien chef du Sinn Fein et, dit-on, de son bras armé l’Armée Républicaine Irlandaise, qui avait lutté durant trente quatre années contre la souveraineté britannique sur l’Ulster, a déclaré, de son côté, que «construire la paix (dont le) point de départ doit être le dialogue (…) est bien plus difficile que faire la guerre».

A noter, toutefois, que, parmi les personnalités présentes, on pouvait apercevoir, également, l’ancien premier ministre irlandais Bertie Ahem, le diplomate britannique Jonathan Powell ou encore le dirigeant politique mexicain Cuauhtémoc Cardenas ainsi qu’une jeune femme représentant la ville-martyr de Gernica bombardée le 26 Avril 1937 par des avions de la coalition entre l’Allemagne nazie  et  l’Italie fasciste. Dans leurs prises de parole, tous les participants saluèrent l’heureux évènement, appelèrent  à tourner une page de l’histoire et reconnurent que la dissolution complète de l’ETA «doit engager une période de réconciliation de la société basque, prenant en compte toutes les victimes du conflit et les 347 prisonniers aujourd’hui incarcérés dans les prisons espagnoles et françaises».

Ainsi, alors que  le Parti nationaliste basque (PNV), la gauche indépendantiste espagnole (EH Bildu) et Podemos étaient représentés à cette cérémonie,  il n’en va pas de même du gouvernement espagnol de Mariano, du gouvernement régional basque présidé par Inigo Urkullu, de  la branche basque du Parti Socialiste (PSOE) ou encore des gouvernements autonomes d’Euskadi et de Navarre qui reprochent à l’ETA de n’avoir ni fait son autocritique ni imploré le pardon des victimes.

Et si l’assistance, dans son ensemble, en prenant acte de la dissolution de l’ETA a appelé à tourner la page de la dernière insurrection armée en Europe occidentale, Madrid a préféré, quant à elle, «se souvenir des victimes» et assuré qu’il n’y aura pas d’impunité.

Enfin, pour Max Brisson, sénateur LR des Pyrénées Atlantiques «la réconciliation en pays basque passe par la reconnaissance de toutes les victimes, de toutes les souffrances. Il faut regarder (le) passé en face, sans zone d’ombre». Et l’orateur de préciser, par ailleurs, qu’il va falloir penser «à la fois aux enfants des victimes et à ceux des prisonniers pour qu’ils n’entretiennent pas, à leur tour, un foyer de haine et de rancœur».

Au vu de tout cela, il semble donc que  la dissolution de l’ETA n’est pas l’ultime étape sur le chemin de la paix et que la voie menant vers une totale réconciliation n’est pas un long fleuve tranquille. Alors, attendons pour voir…

Nabil El Bousaadi

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One Comment;

  1. Said a dit:

    C’est des groupes térroristes qui ont compris qu’ils vont rien gagner avec le térrorisme làche et viendra le tour du groupe térroriste et làche de polisario et ses maitres dictateurs d’alger

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